« Journée des martyrs » en Tunisie : les manifestants dispersés à coup de matraques

Un rassemblement citoyen commémorant la « Journée des martyrs » sur l'avenue Bourguiba, à Tunis, a dégénéré lundi avec une répression brutale de la police qui a reçu les manifestants à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Vendredi dernier, une manifestation de diplômés au chômage avait également été dispersée dans la violence.
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La commémoration de la « Journée des martyrs » en Tunisie a dégénéré lundi avec la répression brutale d'une manifestation interdite,  « une violence inacceptable » selon le président tunisien Moncef Marzouki, qui a toutefois renvoyé dos à dos policiers et manifestants. Ces derniers voulaient défiler sur la symbolique avenue Bourguiba, interdite depuis le 28 mars aux rassemblements sur décision du ministère de l'Intérieur. Les policiers ont essayé de les stopper à coup de matraques et de gaz lacrymogène pendant plusieurs heures. En marge de la célébration de la « Journée des martyrs » (répression sanglante par les troupes françaises d'une manifestation à Tunis le 9 avril 1938), les manifestants, répondant aux appels lancés sur les réseaux sociaux tunisiens, demandaient la réouverture de l'avenue.

Cet affrontement a fait au moins 15 blessés côté manifestants, selon des sources hospitalières, et 8 dans les rangs des policiers, selon le ministère de l'Intérieur. Dans la soirée, le président Marzouki a dénoncé  « un degré de violence inacceptable », déplorant « le bras de fer inacceptable entre l'Etat qui a interdit les manifestations sur l'avenue Bourguiba et ceux qui délibérément enfreignent cette interdiction ». Pour les Tunisiens, il s’agissait d’un ensemble de scènes inédites depuis plusieurs mois dans la capitale : fumée de lacrymogènes, charges à moto ou en camion de policiers casqués et armés de matraques, manifestants interpellés brutalement, voire frappés, selon l’AFP.

Une manifestation de diplômés chômeurs qui tentaient d'accéder à l'avenue, avait également été dispersée dans la violence vendredi dernier. De son côté, Mokhtar Trifi, l’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, s’est dit « consterné », argumentant que les gens que « la révolution a amenés au pouvoir sont aujourd'hui ceux qui nous empêchent de manifester ».

Alexandra Gil

Sources : AFP
Crédit photo : AFP

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