Sexisme aux JO de Londres : les sportives en seconde classe

Les équipes féminines de football japonais et de basketball australien ont décollé de leur pays respectif direction Londres, en classe économique. Leurs homologues masculins ont eux, eu droit à la première classe. Une différence de traitement que les sportives prennent avec philosophie, habituées à ce genre de sexisme ordinaire.
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Les championnes du monde de football en titre, les Japonaises, ont quitté les îles nippones dimanche 15 juillet en seconde classe. Un traitement assez incompréhensible à la vue de leur niveau et de leur statut. Mais le pire n’est pas là : leurs semblables masculins, loin d’afficher le même palmarès – deux huitièmes de finale mondiaux perdus en 2002 et en 2010 – ont profité de la classe affaire pour rallier l’Europe et la capitale britannique où se tiendront les Jeux Olympiques. Homare Sawa, la star de l’équipe japonaise et meilleure joueuse de la planète en 2011 a tout simplement posté sur son blog : « J’imagine que cela aurait dû être dans l’autre sens. Même en termes d’âge, nous sommes les aînées ». Laconique et un minimum caustique le post mais pas de grande levée de bouclier contre cette injustice ; les Japonaises courbent l’échine.

Même son de cloche en Australie mais dans un sport différent : le basketball. Les filles en seconde, les garçons en première, une injustice régulière selon la journaliste australienne, Samantha Lane : « Les joueuses n’ont pas voulu faire de commentaires, mais elles ne sont pas satisfaites et affirment que de telles inégalités sont une source de conflit depuis longtemps ». Et bien sûr, les filles sont quadruples médaillées olympiques dont 3 en argent et 1 en bronze sur les 4 derniers tournois olympiques. En revanche, les hommes…rien !

Bref, même si la fédération australienne de basketball s’est fendue d’une déclaration où elle affirme que chaque équipe gère son budget comme elle l’entend, le mal est fait, surtout que l’Australie apparaît comme le 23e pays le plus avancé sur l’égalité hommes/femmes d’après un classement du Forum mondial de l’économie 2011 (World Economic Forum). Ces manifestations de sexisme ordinaire dans le sport de haut niveau, et particulièrement dans les sports collectifs où les valeurs de partage et d’égalité sont encore plus prégnantes qu’ailleurs, démontrent chaque jour un peu plus le chemin à parcourir pour vraiment parler de progrès en matière d’égalité hommes/femmes.

Le classement complet du Forum mondial de l’économie 2011


Laure Gamaury

(Source : slate.fr)
Crédit photo : AFP

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