V-Day : Anoushka Shankar révèle avoir été abusée sexuellement - vidéo

V-Day : Anoushka Shankar révèle avoir été abusée sexuellement - vidéo
V-Day : Anoushka Shankar révèle avoir été abusée sexuellement - vidéo
Dans cette photo : Norah Jones
Anoushka Shankar, la fille du chanteur indien Ravi Shankar et demi-sœur de Norah Jones, a révélé pour la première fois avoir souffert d'abus sexuels quand elle était enfant. Dans une vidéo diffusée sur le site Change.org, elle rejoint le V-Day organisé par Eve Ensler. Touchée par le mouvement de protestation qui a touché son pays après le viol collectif et le meurtre d'une jeune femme de 23 ans à New Delhi, la chanteuse apporte sa contribution en brisant le silence. Elle se lèvera ce soir pour danser avec des millions de femmes du monde entier. Interview.
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Terrafemina : Pourquoi vous être engagée pour ce V-Day ?

Anoushka Shankar : C'est un engagement tout nouveau pour moi. J'ai été informée récemment par une amie du projet « One Billion Rising » monté par Eve Ensler. J'ai tout de suite apprécié cette initiative pour sa simplicité : la danse, le mouvement pour créer un mouvement mondial, célébrer le corps et la vie, c'est très puissant et ça me semble potentiellement efficace comme démarche pour alerter sur le nombre de victimes de violences.

Tf : Vous venez de révéler dans une vidéo diffusée sur change.org que vous avez été victime de violences sexuelles pendant plusieurs années lorsque vous étiez enfant, venant d'un homme qui avait toute la confiance de vos parents. Vous n'aviez jamais parlé de cela publiquement auparavant. Pourquoi le faire aujourd'hui ?

A.S. : Ce n'est pas vraiment prémédité. Quand j'ai demandé à Eve Ensler ce que je pouvais faire pour apporter ma contribution, elle m'a dit d'enregistrer une petite vidéo pour appeler à se lever et danser le 14 février. Je me suis mise dans mon salon avec mon iPhone, et comme j'étais seule, je me suis confiée naturellement. Je l'ai dit, en pensant que la meilleure chose à faire était d'être honnête. C'est une chose très difficile à partager, on se sent vulnérable, et je ne raconte pas cette histoire pour moi-même, mais pour aider peut-être dans ce moment clé. Dans ma culture, il y a un vrai problème de silence, les victimes n'osent pas parler. Je crois que c'était le moment de partager cela, pour me joindre au mouvement qui s'est créé à la suite du viol et du meurtre de la jeune Indienne, en décembre.

Tf : Justement, le procès des agresseurs de la « fille de l'Inde », violée et tuée à 23 ans à New Delhi, est en cours. Pensez-vous que cette affaire et le mouvement qu'elle a déclenché vont faire évoluer la sécurité des femmes indiennes ?

A.S. : Je l'espère. Malheureusement pour cette jeune fille et pour toutes les autres qui ont été agressées. Je pense que la tâche n'est pas simple, car les enjeux sont politiques, législatifs mais surtout culturels. Nous avons besoin d'un grand changement, et les premiers signes sont là. Le nouveau système mis en place pour traiter en urgence les cas de violences sexuelles est une avancée considérable pour que les crimes sexuels n'échappent plus à la justice. Mais le problème de la violence sexuelle à l'égard des femmes n'est pas indien, il est global, l'Inde a simplement marqué le début d'une prise de conscience mondiale.

Tf : Où danserez-vous ce soir pour ce V-Day ?

A.S. : Je serai près de chez moi à Londres, à White Chapel avec notamment les membres de la communauté indienne londonienne.

Découvrez la vidéo dans laquelle Anoushka Shankar explique pourquoi elle a décidé de se lever en 14 février (en anglais)



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