L'expulsion d’une mère de famille kazakhe en Italie crée une affaire d’État

L'expulsion d’une mère de famille kazakhe en Italie crée une affaire d’État
L'expulsion d’une mère de famille kazakhe en Italie crée une affaire d’État
Dans cette photo : Silvio Berlusconi
Durant une nuit de mai 2013, à Rome, une mère kazhake et sa petite fille sont renvoyées dans leur pays. La femme est l'épouse d'un banquier accusé d'avoir détourné 6 milliards de dollars et son expulsion est aussitôt perçue comme un complot. Une histoire qui pourrait bien coûter sa place au ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, ou à la ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino.
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La police italienne était venue chercher Moukhtar Abliazov, un banquier et ex-ministre kazakhe accusé d’avoir détourné 6 milliards de dollars, mais n’a trouvé que sa femme, Alma Chalabaeva, et sa fille de six ans. Arrêtées dans la nuit du 28 au 29 mai à Rome, elles sont ensuite renvoyées vers le Kazakhstan.

Expulsion légitime ou complot ?

Beaucoup s’interrogent sur la légitimité de cette expulsion. Selon Moukhtar Abliazov, il s’agit d’un coup monté par les autorités kazakhes et italiennes pour enlever sa famille. Ses avocats assurent de leur côté que les papiers d’Alma Chalabaeva et de sa petite fille étaient bien en règle. La presse italienne, elle, s’interroge sur l’implication de la ministre des Affaires Étrangères, Emma Bonino, et du ministre de l’Intérieur, Angelino Alfano. Enrico Letta, président du Conseil, a décidé d’ouvrir une enquête.

Démission du ministre de l’Intérieur ?

Le vendredi 12 juillet, le gouvernement italien annule l’expulsion d’Alma Chalabaeva et de sa fille, en raison d’erreurs de procédure. La manière dont elles ont été expulsées est en cause et jugée « condamnable » par le gouvernement de Rome. Mais comme le dit Enrico Letta, « le mal est fait » : pour la Repubblica, journal de gauche, le ministre de l’Intérieur doit démissionner.

« Angelino Alfano a publiquement déclaré qu'il ne savait rien de cette affaire dans laquelle 40 hommes anti-émeutes ont été dépêchés (…), si c'est le cas, cela veut dire que le ministre de l'Intérieur ne contrôle pas la police », écrit le journal, cité par Courrier International. Pour le président du Conseil, « celui qui s’est trompé devra payer ».

Victoria Houssay

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