Miss Islande 2013 : des militantes veulent stopper le concours

Miss Islande 2013 : des militantes veulent stopper le concours
Miss Islande 2013 : des militantes veulent stopper le concours
En Islande, les féministes tentent d'obtenir l'annulation du concours national de Miss, jugé sexiste et stéréotypé. Pour y parvenir, elles ont appelé tous les Islandais, hommes comme femmes, et de tous les âges, à se présenter à l'élection. En moins d'une semaine, les organisateurs, qui avait eu le malheur d'affirmer qu'il « n'y a pas de stéréotype de Miss Islande », ont reçu 1 300 candidatures, plus surprenantes les unes que les autres.
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En déclarant qu'il « n'y a pas de stéréotype de Miss Islande », Rafn Rafnsson, l'organisateur du concours de beauté, n'imaginait certainement pas être pris au pied de la lettre. Dans ce pays très attaché à l'égalité entre les hommes et les femmes, l'événement ne jouit que d'une faible popularité auprès de ses quelque 315 000 habitants. Preuve du désintérêt du public, l'an dernier, l'élection n'avait pas eu lieu, par « manque de temps ». Pour inverser la tendance, Rafn Rafnsson souhaitait donc élargir le profil des candidates, afin de faire tomber le cliché de la grande Islandaise blonde aux yeux bleus.


Une retraitée de 80 ans parmi les candidates

Résultat, comme le rapporte le Wall Street Journal, le nombre d'inscriptions au concours a explosé. En une semaine, plus de 1 300 personnes ont se sont ainsi faites connaître. Parmi elles, des femmes de tous âges, dont une parlementaire, une pasteure, ou une retraitée de 80 ans. Et même des hommes. Loin du rêve de remporter le titre, la couronne et l'écharpe, ces concurrents atypiques, encouragés par les féministes, n'ont qu'un objectif : obtenir l'annulation du concours.

« Je me suis inscrite pour montrer à quel point cet événement est inutile », a expliqué Sigridur Gudmarsdottir, une ministre de 48 ans qui s'est portée candidate après l'ouverture des inscriptions en juin dernier. Prenant sa participation très au sérieux, elle explique vouloir, par ce stratagème « sensibiliser l'opinion à la question de ce qu'est la beauté ». À 49 ans, Asa Richardsdottir, productrice dans l'industrie des Beaux-Arts n'en demande pas tant. Elle veut purement et simplement « tuer » le concours dans l'œuf. « Nous vivons dans une société qui met en permanence la pression sur notre apparence », déplorait quant à elle, en juin dernier, la parlementaire Sigríður Ingibjörg Ingadóttir, l'une des initiatrices du mouvement. « Nous, féministes, nous battons contre l'objectivation des femmes », a-t-elle expliqué.

Les organisateurs pris à leur propre piège

Mais alors que certains hommes jugent la compétition discriminatoire - un candidat qui voulait s'inscrire sur Internet s'est ainsi plaint de l'absence de bouton pour sélectionner le sexe -, Rafn Rafnsson, pris à son propre piège, a tenté de faire bonne figure. « C'est une bonne chose que les gens montrent de l'intérêt », a-t-il commenté. Avant de nuancer : « Ils sont libres d'interpréter ce concours comme ils le souhaitent. » Cet ancien caméraman et producteur de télévision est par ailleurs subtilement revenu sur ses propos, indiquant qu'il serait contraint de « respecter les règles de ce concours au niveau international ». En effet, dans l'optique de présenter Miss Islande à l'édition 2014 de l'élection Miss Monde, la lauréate devra être âgée de 18 à 24 ans, être célibataire, sans enfant et de sexe féminin. Finalement, si le concours de Miss Islande a bel et bien lieu, la gagnante sera probablement fidèle au stéréotype de la Nordique.     


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