Arabie saoudite : les femmes se mobilisent sur les réseaux sociaux pour avoir le droit de conduire

Arabie saoudite : les femmes se mobilisent sur les réseaux sociaux pour avoir le droit de conduire
Arabie saoudite : les femmes se mobilisent sur les réseaux sociaux pour avoir le droit de conduire
Interdites de conduite par les autorités religieuses et politiques du royaume, des Saoudiennes ont décidé de braver l'interdit et pris le volant dimanche 26 octobre. À leurs risques et périls, car le gouvernement a promis de sévères représailles contre les contrevenantes.
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Elles ne renonceront pas. Alors que leur première manifestation pour réclamer le droit de conduire remonte à 1990, les femmes saoudiennes se sont à nouveau mobilisées pour réclamer un droit fondamental : celui de prendre seules le volant.

Seul pays à interdire aux femmes de conduire, l'Arabie saoudite doit faire face à ses propres contradictions. Car si dans les faits, aucune loi n'interdit aux Saoudiennes de prendre le volant, le poids de la tradition wahhabite et l'influence d'un clergé particulièrement conservateur la rend pourtant impossible. Aucune femme n'est, par exemple, autorisée à passer le permis et, en novembre dernier, le grand mufti du pays, Abdul Aziz ibn Abdillah Ali ash-Shaykh avait argué que si les Saoudiennes sont interdites de conduite, c'est pour « protéger la société du mal ». Cheikh Saleh al Luhaidan, un autre religieux conservateur avait, quant à lui, affirmé que les femmes qui contreviendraient aux règles risquaient d'avoir des enfants anormaux en raison de la « pression sur les ovaires » créée par la conduite.

Le gouvernement saoudien renouvelle ses menaces

Fixée, comme l'an dernier, le 26 octobre, cette journée de désobéissance a été, d'après les organisatrices, un succès grâce notamment au relais de la campagne Women2Drive sur les réseaux sociaux.

Pourtant, le gouvernement a tout fait pour dissuader les Saoudiennes de contrevenir à la loi. Jeudi 23 octobre, le ministère de l'Intérieur a ainsi affirmé dans un communiqué publié par l'agence officielle Spa qu'il « appliquera avec fermeté les règlements contre quiconque contribuera d'une quelconque manière […] à violer la cohésion sociale. »

L'année dernière déjà, face à la pression des autorités, les organisatrices de la journée de désobéissance avaient dû reculer et demander aux militantes de ne finalement pas conduire. Seize femmes qui avaient malgré tout pris le volant avaient été arrêtées et dû s'acquitter d'une amende.

Une forte mobilisation sur les réseaux sociaux

Cette année pourtant, les militantes étaient à nouveau au rendez-vous pour réclamer le droit de conduire. Très actives sur les réseaux sociaux, les Saoudiennes ont fait circuler une pétition intitulée « levez l'interdiction faite aux femmes de conduire », qui a recueilli plus de 3 700 signatures et s'encouragent entre elles à braver l'interdiction de conduire grâce au hashtag #IWillDriveMyself (je veux conduire moi-même).


Une mobilisation suffisante pour faire plier le gouvernement ? Pas vraiment. Selon une instigatrice du mouvement Women2Drive, seules deux femmes ont été aperçues au volant d'une voiture. Pas de quoi démotiver les organisatrices, qui rappellent que la date du 26 octobre est uniquement symbolique. D'autant, rappellent-elles, que depuis le début de la campagne, « pas une journée ne s'est passée sans recevoir une ou deux vidéos » de femmes en train de conduire.