Université d’été du FN : nouvelle image et optimisme au programme

Université d’été du FN : nouvelle image et optimisme au programme
Université d’été du FN : nouvelle image et optimisme au programme
Les militants du Front National se sont réunis ce week-end à Marseille pour leur université d'été. L'occasion, pour Marine Le Pen, de préparer les prochaines présidentielles et de bosser l'image de son parti. Fini le temps des dérapages, le FN se voit aujourd'hui comme « le centre de gravité de la politique française ». Pourtant, Marine Le Pen ne récolte pas encore tous les suffrages dans le cœur des Français : 65% d'entre eux ont une mauvaise opinion d'elle.
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Ce week-end se déroulait à Marseille l’université d’été du Front National. L’occasion pour les militants de se retrouver autour de débats, et de peaufiner leur stratégie pour les élections municipales. L’idée est de convaincre les électeurs que le FN s’est professionnalisé, en plus de s’être dédiabolisé, comme s’en vante le parti.

Plus de dérapage ?

« C’est fait, terminé », se félicite Marine Le Pen qui estime avoir franchi l'étape de la dédiabolisation. Le FN jouit d’une nouvelle image... Mais s’attache quand même à prévenir tout dérapage. Évoquant les scandales qui ont éclaboussé certains maires FN des années 1990, Florian Philippot, vice-président  du parti, se flatte qu’il ne reste « pas un seul responsable de l’époque ». Wallerand de Saint-Just, secrétaire départemental et tête de liste, recommande de faire « attention à la couleur des cravates sur les photos officielles », décrétant que désormais « les combinaisons bleu-blanc-rouge sont interdites ». Autre moyen de valoriser le parti : mettre en avant les figures intellectuelles qui ont rejoint les militants. Parmi les intervenants du week-end, des docteurs en science politique, des agrégés de philosophie ou des géopoliticiens de renom.

Nouvelle image mais mêmes combats

Pourtant, les chevaux de bataille du FN n’ont pas vraiment changé. Marine Le Pen promet un programme somme toute classique : défense de la souveraineté française, protectionnisme, lutte contre l’euro, sortie de l’Union européenne. De son côté, Jean-Marie Le Pen, aujourd’hui président d’honneur, condamne fermement les dérives des quatre i : «  immigration, islamisme, insécurité, imposition ». Le choix de la ville de Marseille pour accueillir l’université du FN n’a d’ailleurs rien d’anodin : « Si on ne change rien, la France sera, en 2025, une Marseille géante : pauvre et conflictuelle », déplore Florian Philippot.

Marine Le Pen a également critiqué François Hollande, qu’elle considère comme « incompétent, incohérent et nuisible ». Jugeant que le président « belliciste » était soumis aux États-Unis sur le dossier syrien, elle a accusé la France d’être « devenue catin d’émirs bedonnants ».

Des sondages mitigés

À quelques mois des municipales, les opinions à l’égard du parti semblent mitigées. D’après un sondage, BVA – Le Parisien, 65% des Français ont une mauvaise opinion de Marine Le Pen : on la lie à une extrême droite agressive et raciste. Les chiffres de sympathisants sont pourtant en hausse d’après un sondage CSA, 16% des Français souhaitent voter pour Marine Le Pen, soit une progression de 4 points depuis mars dernier. Samedi après-midi se tenait à Marseille une manifestation luttant contre la tenue de l’université d’été du FN dans la ville. Patrick Mennucci, député PS, déplorait que « le FN essaye d'utiliser tous les maux marseillais pour faire son beurre ». De son côté, Philippe Blache, porte-parole du Front de Gauche, rappelle que « Marseille est une ville symbole de la lutte contre le FN ».

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