Écotaxe : la réunion à Matignon pourrait déboucher sur un moratoire

Écotaxe : la réunion à Matignon pourrait déboucher sur un moratoire
Écotaxe : la réunion à Matignon pourrait déboucher sur un moratoire
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault réunit mardi 29 octobre à Matignon les acteurs du dossier explosif de l'écotaxe. Les élus bretons, le préfet de région et les ministres concernés évoqueront les propositions d'aménagement de la taxe sur les poids lourds censée entrer en vigueur le 1er janvier 2014. Les élus UMP ont aussitôt annoncé qu'ils boycotteraient cette réunion.
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« Je réunirai demain mardi 29 octobre à 10 heures à Matignon les élus bretons », en présence des ministres de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, des Transports, Frédéric Cuvillier, et de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, et du préfet de la région Bretagne, Patrick Strzoda, a annoncé le Premier ministre dans un communiqué diffusé lundi 28 octobre.


Objectif affiché : tenter d'apaiser la colère des professionnels contre l'écotaxe, jugée catastrophique pour le tissu économique breton. Stéphane Le Foll a indiqué dimanche qu'un abattement supérieur à celui de 50% déjà prévu pour l'écotaxe perçue en Bretagne constituait une « piste de réflexion ».



Un retrait sinon rien

A l'annonce de cette réunion, qui se tient depuis 10h, les élus UMP ont annoncé qu'ils boycotteraient la rencontre, exigeant une nouvelle fois le retrait pur et simple de la taxe. « Députés, sénateurs et députés européens UMP vont boycotter la réunion de mardi », a aussitôt réagi le député des Côtes d'Armor, Marc Le Fur, cité par Le Monde. « On n'en est plus au détail : soit on retire l'écotaxe, soit on ne la retire pas », a-t-il ajouté.


Même son de cloche du côté des opposants à l'écotaxe, qui n'envisagent pas d'ajustements sur cette mesure censée entrer en vigueur le 1er janvier 2014 et rapporter plus d'un milliard d'euros par an. « On n'attend pas ça, on attend la suppression pure et simple de l'écotaxe en Bretagne », a déclaré le maire de Carhaix, Christian Troadec sur France Info.



Vers un moratoire national ?

Impossible a répondu le ministre de l'Agriculture, expliquant que l'abandon de l'écotaxe coûterait cher à l'Etat. Selon Stéphane Le Foll, le gouvernement « ne peut pas revenir un arrière », car défaire le contrat avec la société chargée de sa collecte (Ecomouv') coûterait 800 millions d'euros. « Le contrat qui a été signé par Madame Kosciusko-Morizet (ex-ministre de l'Ecologie, ndlr), par Monsieur Baroin (ex-ministre de l'Economie), par Madame Pécresse (ex-ministre du Budget) à une société qui s'appelle Ecomouv', si on devait le délier, ça coûterait 800 millions d'euros, voilà ce qu'on nous a laissé et voilà pourquoi on ne pas revenir en arrière », a déclaré Stéphane Le Foll.


Pourtant, d'après le journal Libération, le premier ministre pourrait annoncer un « moratoire national » sur l'écotaxe. « 'On n’a plus beaucoup d’issue de secours', reconnaissait hier soir une source gouvernementale, qui tablait sur un 'moratoire national' du dispositif visant à taxer la circulation des poids lourds pour financer le développement d’infrastructures plus écologiques », rapporte le quotidien.


L'écotaxe doit s'appliquer à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes transporteurs de marchandises, circulant sur le réseau national non payant et selon des barèmes kilométriques. Soit une charge supplémentaire pour un secteur déjà en crise.


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