Ségolène Royal à l'écologie : une revanche personnelle pour un dessein collectif

Ségolène Royal à l'écologie : une revanche personnelle pour un dessein collectif
Ségolène Royal à l'écologie : une revanche personnelle pour un dessein collectif
Dans cette photo : Ségolène Royal
Après vingt-deux mois de disette ministérielle depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République, Ségolène Royal refait enfin son entrée dans un gouvernement socialiste à l'écologie, au développement durable et à l'énergie. Mais que pense vraiment l'intéressée des questions liées à l'environnement et quels sont probablement les dossiers qu'elle aura à traiter ? Tentative de réponses.
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Il est inutile de le nier : l'attribution d'un portefeuille ministériel à Ségolène Royal, en marge des gouvernements Ayrault I et II ces vingt-deux derniers mois, n'a pu laisser indifférent. Parce que son histoire avec le président de la République, François Hollande, est connue de tous, l'association de son nom – quasiment sorti d'outre-tombe – à celui du ministère de l'écologie lors de l'annonce du gouvernement a, sinon interpelé, du moins fait sourire. Mais il convient immédiatement de couper court à toute velléité d'interprétation fantasque de cette nomination : Madame Royal ne doit en aucun cas son poste au départ récent de Valérie Trierweiler du palais de l'Elysée. La présidente du Poitou-Charente est tout à fait légitime à intégrer le troisième gouvernement de la présidence Hollande, qui plus est à l'écologie et au développement durable.

« Un ministère majeur pour le redressement du pays »

En 1992, lorsqu'elle intègre pour la première fois de sa carrière politique un gouvernement – celui de Pierre Bérégovoy –, c'est déjà à l'environnement. Choix peu novateur donc que celui effectué par Manuel Valls, pour certains, pari basé sur l'expérience pour d'autres. Toujours est-il que Ségolène Royal a, depuis, toujours placé les questions relatives à l'écologie et au développement durable au centre de son action. Si bien qu'elle considère aujourd'hui ce ministère comme un « ministère majeur pour le redressement du pays ». Et l'intéressée d'avoir des avis bien tranchés sur tous les enjeux liés à l'environnement et à l'éco-développement.

L'écologie, l'ancienne candidate PS à l'élection présidentielle de 2007 la voit comme une « social-écologie ». Une « croissance verte » couplée à une économie plus centrée sur l'humain, voilà un « levier de sortie de crise très efficace » selon elle. Fervente opposante du « tout nucléaire » – elle prône en 2011 une sortie du nucléaire à échéance de quarante ans –, Ségolène Royal n'est toutefois pas contre l'extraction du gaz de schiste en France, à condition que la maîtrise de cette exploitation soit garantie.

Entre révision de l'écotaxe et transition énergétique

Si elle ose affirmer sa position sur le sujet, les recherches sur les différents procédés d'extraction propre de ce gaz devraient d'ailleurs faire partie des dossiers dont sera chargée la nouvelle ministre de l'écologie. En plus de la gestion de la contribution climat-énergie – dite « nouvelle taxe carbone » – adoptée à l'automne 2013, Ségolène Royal va devoir s'atteler à la réforme majeure du quinquennat écologique de François Hollande : la transition énergétique. Proposée par la candidat socialiste en 2012, cette mesure devait associer réduction du nucléaire dans la production électrique de 75 à 50%, rénovation thermique des bâtiments et, par le biais de la nouvelle taxe carbone, fiscalité écologique.

Dès sa prise de fonction, l'actuelle numéro 2 du gouvernement, fermement opposée à la recrudescence des impôts, a affirmé vouloir remettre les choses à plat concernant l'écotaxe. Cette mesure, dont les contours avaient suscité de vives réactions – notamment en Bretagne –, n'est en effet selon elle qu'une manière de développer l'« écologie punitive ». La présidente de Poitou-Charente a d'ailleurs affirmé vouloir s'intéresser aux « autres possibilités » pour assurer les financements que permettrait la mise en place de l'écotaxe. Et eu égard au manque de popularité de cette nouvelle taxe, privilégier la réflexion et, pourquoi pas, la discussion, ne saurait être que trop conseillé.

Représentante de la France lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, Ségolène Royal retrouve aujourd'hui le portefeuille qui avait lancé sa carrière ministérielle il y a très exactement vingt-deux ans. Son bilan, qu'il soit national – avec la loi sur les déchets de 1992 et celle sur les paysages de 1993 – ou bien local en tant que présidente de Poitou-Charente – adoption de plans en faveur des énergies renouvelables –, est tout à son honneur et témoigne d'une réelle volonté d'agir pour une économie toujours plus éco-responsable. Il y a de plus fort à parier que Ségolène Royal voudra y mettre du cœur à l'ouvrage. Alors Madame la ministre, vous avez carte blanche. Ou plutôt, les feux sont au vert.