À quoi pourrait ressembler le gouvernement Valls II ?

À quoi pourrait ressembler le gouvernement Valls II ?
À quoi pourrait ressembler le gouvernement Valls II ?
Dans cette photo : Arnaud Montebourg
Les appels répétés d'Arnaud Montebourg à une « inflexion de la politique économique » auront finalement eu raison du gouvernement Valls I. Le Premier ministre a été chargé, lundi 25 août par le président de la République, François Hollande, de former une nouvelle équipe « en cohérence avec les orientations » fixées par le chef de l'Etat. Un gouvernement Valls II dans lequel ne figurera pas Aurélie Filippetti. La ministre de la Culture a fait savoir, dans une lettre ouverte publiée par Le Monde, qu'elle ne souhaite pas participer au nouvel exécutif. Arnaud Montebourg a fait le même choix, après avoir tancé « une France à l'arrêt ». Tour d'horizon des principaux changements à venir.
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147 jours, telle aura été la durée éclair du gouvernement Valls I. Un peu plus de quatre mois, seulement, qui font du gouvernement de l'ancien maire d'Evry (Essonne), le plus court de la Ve République (outre les équipes de transition mises en place au début des différents septennats et quinquennats, ndlr). L'exécutif n'aura donc pas résisté aux sorties du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, dans Le Monde, samedi 23 août, puis lors de la traditionnelle fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 24 août.

Le locataire de Bercy y avait réclamé une « inflexion majeure » de la politique économique du gouvernement. Des déclarations qui ont provoqué une réaction quasi immédiate de Matignon. L'entourage du Premier ministre a indiqué, dimanche soir, qu'une « ligne jaune » avait été « franchie ». Manuel Valls a donc présenté, ce lundi 25 août à François Hollande, la démission de son gouvernement. Le président de la République a demandé, dans la foulée, au Premier ministre de « constituer une équipe en cohérence avec les orientations qu'il a lui-même définies », a fait savoir l'Elysée dans un communiqué.


Filippetti « pas candidate à un nouveau poste »

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti a d'ores et déjà annoncé dans une lettre adressée à François Hollande et Manuel Valls, qu'elle n'est « pas candidate à un nouveau poste ministériel ». Et de s'interroger : « faudrait-il que nous nous excusions d'être de gauche ? ». La locataire de la rue de Valois, réputée proche d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, n'avait pas hésité à afficher son soutien à ses deux collègues, hier sur Twitter. La ministre, était déjà annoncée partante par le Canard Enchaîné en date du mercredi 20 août, entre autre pour sa gestion, jugée décevante par l'exécutif, du dossier des intermittents et du psychodrame du musée Picasso.

Montebourg part avec « le sentiment du devoir accompli »


Par ailleurs, Arnaud Montebourg, qui avait réitéré ses critiques envers la politique économique de l'exécutif, ce matin sur Europe 1, a annoncé son départ, cet après-midi depuis Bercy. L'ex ministre a dénoncé « le coulage de l'économie » par les politiques d'austérité « absurdes et inefficaces » mises en place, selon lui, par le Président. Evoquant une « France à l'arrêt », M. Montebourg a annoncé : «
je croyais nécessaire de retrouver ma liberté, tout comme (Manuel Valls) accepte de me la rendre »

D'autres figures de feu Valls I pourraient également faire les frais de ce remaniement. Ainsi, le ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon devrait également notifier son départ du gouvernement, ce soir lors du JT de 20h de France 2. Présent aux côtés d'Arnaud Montebourg, dimanche à Frangy, Benoît Hamon avait lui issu appelé, dans les colonnes du Parisien, à un changement de cap économique, revendiquant sa proximité avec « les frondeurs » du PS. Interrogé par Le Monde, aujourd'hui, l'entourage du ministre assure pourtant que ce dernier est « assez serein » et « au travail ».


Un départ de Taubira et le retour d'un écologiste ?

La question du départ de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui avait aussi apporté son soutien à Arnaud Montebourg, comme le rappelle RTL, est également posée. La garde des Sceaux serait remplacée par l'actuel secrétaire d'Etat chargé de la Réforme territoriale, André Vallini, selon Le Point. L'Isérois, ancien président de la Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau, rêve de la place Vendôme depuis l'élection de François Hollande. L'hebdomadaire avance enfin l'hypothèse selon laquelle « Ségolène Royal hériterait d'un grand ministère de l'Education nationale et de la Culture », en remplacement de Benoît Hamon et Aurélie Filippetti.

Un écologiste ferait alors son retour au gouvernement pour succéder à l'actuelle ministre de l'Ecologie du Développement durable et de l'Energie. Le nom du sénateur de l'Essonne, Jean-Vincent Placé, est avancé et ce, malgré le refus du bureau exécutif d'EELV de participer au gouvernement Valls II en l'absence de changement de cap. Le chef de file des Verts à la chambre haute avait largement critiqué la décision des écologistes de ne pas participer au gouvernement Valls I, en avril dernier. L'Essonnien a, par ailleurs, qualifié d'«extrêmement sévère» l'ouvrage écrit par Cécile Duflot, De l'intérieur, relatant l'expérience de l'ex-ministre de l'Ecologie au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Monsieur compétitivité à Bercy ?

L'éventuelle succession d'Arnaud Montebourg demeure, quant à elle, pour le moment en suspens. « Le Premier ministre pourrait aussi aller chercher une personnalité dans la société civile, comme Louis Gallois, actuellement président du conseil de surveillance de PSA », fait savoir le JDD. Louis Gallois est notamment l'auteur du rapport à l'origine du « pacte pour la compétitivité de l'industrie française », voulu par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, notamment à l'origine de l'accord sur la compétitivité et la « sécurisation de l'emploi » qui avait largement divisé la majorité parlementaire.