Najat Vallaud-Belkacem : un plan pour remplacer les "ABCD de l'égalité"... et ne surtout fâcher personne

Najat Vallaud-Belkacem : un plan pour remplacer les "ABCD de l'égalité"... et ne surtout fâcher personne
Najat Vallaud-Belkacem : un plan pour remplacer les "ABCD de l'égalité"... et ne surtout fâcher personne
La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem a présenté, mardi 25 novembre, les détails du « plan d'action pour l'égalité entre les filles et les garçons ». Un document, attendu depuis le mois de septembre, censé succéder à l'expérimentation controversée des « ABCD de l'égalité » avec un mot d'ordre : ne surtout fâcher personne.
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Après l'abandon des « ABCD de l'égalité » (expérimentés depuis 2013 dans 600 classes, Ndlr), annoncé en juin dernier par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon, suite aux vives critiques émises par les militants de la Manif pour tous et certaines mouvances d'extrême-droite, Najat Vallaud-Belkacem a présenté, ce mardi, les détails du nouveau plan de lutte contre les stéréotypes garçons-filles à l'école. Une présentation attendue depuis le mois de septembre et quelques mois de réflexion supplémentaires pour calmer les « anti-genre » et les folles rumeurs à propos des ABCD de l'égalité ? « Il fallait prendre le temps nécessaire pour élaborer les nouvelles ressources et le site Internet dédié qui s’adressent, désormais, autant aux enseignants qu’aux parents d’élèves », argue la locataire de la rue de Grenelle.

Ainsi, en cette journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre a rendu public une centaine de « pistes pédagogiques » de son « plan d'action pour l'égalité entre les filles et les garçons », dont les grandes lignes avaient été divulguées cet été et qui devrait s'appliquer à partir de la rentrée 2016 dans les établissements du premier et second degré.


Plus de « genre » ni « expérimentation »

Premier constat : le terme « genre », sans doute pour ne pas donner d'os à ronger aux tenants de l'enseignement d'une prétendue « théorie du genre » à l'école et à l'instigatrice de la « journée de retrait de l’école » (JRE) Farida Belghoul, a été banni du site hébergeant les nouveaux « outils pour l'égalité entre les filles et les garçons » à destination des enseignants.

Plus question « d'expérimentation » non plus, le ministère préfère invoquer la loi de 1989 qui confie à l'école « la mission de favoriser l'égalité entre les filles et les garçons » et en réfère même à la Convention des Nations Unies du 18 décembre 1979. Les « pistes » et « outils » de lutte contre les inégalités sont regroupés dans une « mallette pédagogique » à destination des enseignants. Précaution extrême donc sur des questions sexuelles « devenues le principal point de clivage entre la gauche et la majorité », selon le sociologue Eric Fassin.

Parmi les pistes, des réflexions autour de le tenue vestimentaire perçue « comme « attribut de la féminité » ou de la « masculinité », tel qu'il peut être affiché par les élèves, parfois non consciemment, pourra être un sujet de réflexion collective », indique le site. Autre exemple, en Histoire, en classe de 5e, l’une des propositions vise à distinguer
« d’un côté ce qui est demandé aux saintes, et de l’autre aux saints », afin de« mettre en exergue les valeurs qui sont attribuées à la féminité et à la masculinité aux Moyen Age », « relever les permanences et les mutations » et « montrer que ces critères sont des constructions sociales ».

25 000 enseignants formés par an, aucun calendrier pour une évaluation des résultats

Malgré l'objectif affiché par la rue de Grenelle de former 25 000 enseignants par an à ces problématiques, « reste le sentiment que, sans dispositif formalisé et volontariste, sans cadre imposé, la lutte contre les inégalités pourrait bien se diluer parmi les nombreuses autres missions de l’école », précise Le Monde.

Chez les syndicats, l'accueil est mitigé. En effet, si le président de la fédération de parents d'élèves FCPE, Paul Raoult estime que « c
'est bien à l'école de mettre en place cette égalité de traitement entre les garçons et les filles » et que ce plan « va dans le bon sens », le SNUipp-FSU, premier syndicat d'enseignants du primaire, est plus réservé. « C'est un plan bien orienté, mais trop timide dans le volet formation des enseignants », juge Sébastien Sihr, secrétaire général de l'organisation.

Prudent, le ministère de l'Éducation nationale n'a lui fixé aucun calendrier pour évaluer les résultats de ce nouveau plan.

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