Mango : ses bijoux "style esclavage" font polémique, la marque s'excuse

Mango : ses bijoux "style esclavage" font polémique, la marque s'excuse
Mango : ses bijoux "style esclavage" font polémique, la marque s'excuse
Dans cette photo : Sonia Rolland
La marque de prêt-à-porter espagnole est en pleine polémique à cause de sa nouvelle gamme de bijoux sous-titrée « style esclave », qui a provoqué la colère de deux actrices et d'une chroniqueuse. Ces dernières ont lancé une pétition sur le web, qui, ce lundi 4 mars au soir, était signée par plus de 5 900 personnes. Entre temps, Mango s'est excusé, prétextant une erreur de traduction et a retiré les termes polémiques de son site.
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Quand Mango a mis en vente sur son site français sa toute nouvelle collection de bijoux inspirée de l'esclavage, elle ne s’attendait pas à provoquer un tollé. La ligne surnommée « style esclave » se compose entre autres de bracelets de force, de gourmettes et de colliers à maillons. De quoi fortement déplaire à certaines, notamment les actrices Sonia Rolland (ancienne Miss France) et Aïssa Maïga ainsi que la chroniqueuse Rokhaya Diallo, qui ont lancé une pétition en ligne intitulée « L’esclavage n’est pas fashion ! » sur le site Change.org. A l'heure où nous publions ces lignes, la pétition a été signée par plus de 5 900 personnes. 

« En réduisant ce crime contre l’humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l'éthique qu’une telle marque devrait porter. L’esclavage n’est pas un "style" pour fashionistas en mal de sensation fortes, ni un créneau commercial. C’est un drame dont il faut respecter la gravité. A travers cette pétition nous demandons le retrait de tous les objets ainsi que des excuses de Mango qui, à travers ces "créations" offense la mémoire des victimes de l’esclavage, leurs descendant(e)s ainsi que celles et ceux qui respectent la dignité humaine », ont déclaré les trois jeunes femmes, qui n’apprécient guère que la marque de prêt-à-porter joue avec l’histoire. Sur Twitter, les internautes ont invité au boycott.

Très réactive, Mango a immédiatement changé le nom de sa collection, avant de déclarer, via Twitter, qu’il s’agissait d’une regrettable « erreur de traduction », puis de s’excuser.



A noter que le terme espagnol « esclava » est défini, selon la marque, dans les dictionnaires espagnols par « une certaine forme de bracelet ». L'erreur de traduction invoquée semble donc crédible. D'ailleurs, sur le site anglais, le produit est présenté comme un « woven bracelet », traduisez un bracelet tissé.

Cette polémique survient une semaine après celle du magazine Numéro, qui présente dans sa série mode « African Queen », un mannequin blanc peinte en noir. Depuis, la direction de la publication s'est elle aussi excusée... 

Elodie Cohen Solal


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