Métro : pourquoi et comment les Parisiens restent calmes, même les jours de grève

Métro : pourquoi et comment les Parisiens restent calmes, même les jours de grève
Métro : pourquoi et comment les Parisiens restent calmes, même les jours de grève
Dans « Les visages du métro (la force des émotions faibles) : contacts physiques, transactions émotionnelles et densité de voyageurs dans le métro de Paris », une enquête réalisée par Martin Aranguren et Stéphane Tonnelat, les chercheurs s'intéressent au comportement des usagers du métro face à l'épreuve des transports. L'occasion de dresser un guide de survie du voyageur parisien.
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Les Parisiens ont la réputation de faire grise mine et de perdre facilement patience dans les transports en commun et ils ont de quoi : si le trafic annuel culminait déjà à 1200 millions de voyageurs en 2000, il a augmenté de 25% en une dizaine d'années, passant la barre des 1500 millions, soit 5,16 millions de voyageurs par jour. Réalisée en 2012, une enquête TNS Sofres rapporte une hausse des incivilités et des plaintes relatives aux retards, à l’inconfort, aux vols, à la chaleur et aux odeurs, malgré les efforts de la RATP pour contenir les excès de voyageurs (augmentation de la fréquence de rames, rénovation des métros…).

L’art de la parole silencieuse

Pourtant selon une étude de la revue Métropolitiques, relayée par le Huffington Post ce mardi, une légère bousculade ne dégénère presque jamais en conflit ouvert (environ 1 fois sur 700) car le Parisien adopte un comportement silencieux. Se manifestant en haussements et froncements de sourcils, regards appuyés et pincements de lèvres, il passerait ainsi un contrat tacite pacifié avec l’autre usager. Sans aucun mot échangé, l’offense est réparée. Le « pousseur embarrassé » se retrouve compatissant, le « poussé » dédaigneux. Et l’échange s’arrête là. Pour les auteurs de l’enquête : « Il nous semble clair que certaines émotions ne sont pas seulement des éruptions ponctuelles et incontrôlées, mais plutôt des modes de gestion de situations problématiques. » Dans le métro tout à l'heure, donc, gardez en tête ces deux maîtres-mots : patience et silence. Les plus audacieux peuvent même tenter un sourire...


Manon Adoue

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