Enfin la PMA pour toutes ? Pourquoi les associations restent vigilantes

Enfin la PMA pour toutes ? Pourquoi les associations restent vigilantes
Enfin la PMA pour toutes ? Pourquoi les associations restent vigilantes
Il s'est fait attendre. Depuis ce lundi 7 juin, le fameux projet de loi de Bioéthique, comprenant l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, a enfin fait son retour à l'Assemblée nationale. Mais rien n'est gagné.
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C'est un come-back que l'on attendait depuis longtemps. Ce 7 juin, c'est sur les bancs de l'Assemblée nationale que le projet de loi bioéthique a (enfin) fait son retour, dans le cadre d'une troisième lecture. Et à travers lui, l'ouverture de la PMA pour toutes - les femmes lesbiennes, en couple, célibataires. Un texte qui devrait parvenir "au bout de son examen" au Parlement en juillet prochain, comme l'a énoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Comprendre : l'été prochain pourrait (enfin) être celui de sa promulgation.

"C'est une belle étape et on sait qu'il y en aura d'autres. Les lois de bioéthique précédentes ont essentiellement été des lois d'interdictions. Maintenant, on entrouvre des portes", s'est enthousiasmé le député LREM Jean-Louis Touraine dans les pages de 20 Minutes. Cela fait en effet déjà neuf ans que cette loi a été annoncée, puis largement défendue et débattue, par les associations, les hommes et femmes politiques.

Et la route est encore longue : en février dernier, c'est le Sénat qui refusait l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires. Pourtant, nombreux sont les citoyens à défendre ce projet. Selon un récent sondage de l'Ifop, 67% des Français-es se montreraient favorables à la PMA pour toutes. "Jamais la proportion de Français-es favorables à l'ouverture de la PMA aux couples lesbiens n'a été aussi forte !", se félicite même l'institut.

Mais les associations sont moins optimistes.

Les associations doutent

Pour bien des raisons d'ailleurs. Car l'adoption de la PMA pour toutes, mais sans remboursement par l'Assurance Maladie, ne la rendrait de fait pas si accessible "à toutes", certains détails relatifs à cette loi restant encore à préciser. Et le texte tel que révisé aujourd'hui témoignerait de nombreux manquements. Par exemple ? La non-inclusion des personnes transgenres. Un grand vide auquel réagissent associations et personnalités politiques.

C'est notamment le cas du député de la France Insoumise Bastien Lachaud, qui annonce défendre l'ouverture de la PMA aux personnes transgenres : "C'est une question d'égalité. Il est impensable de maintenir une discrimination selon le sexe à l'état civil dans la loi de bioéthique", affirme ce dernier. "Le gouvernement veut accélérer le débat mais refuse 'en même temps' d'enrichir le texte en autorisant la PMA aux personnes transgenres, c'est une terrible erreur", déplore à l'unisson le député LREM Guillaume Chiche.

Un autre point dérange de nombreuses associations comme l'Inter-LGBT, SOS Homophobie et Gaylib, tel que le rapporte le journal Ouest France : l'hypothèse d'inscrire une mention spécifique sur l'acte de naissance des enfants nés de couples lesbiens. Une inscription qui "créerait un précédent de stigmatisation administrative", dixit lesdites associations, et fait donc déjà polémique. C'est dire s'il y a encore beaucoup à débattre.

"La PMA pour toutes les femmes, qui n'est actuellement accessible qu'aux couples hétérosexuels sur indication médicale, nous est promise depuis 2012. L'examen de la loi bioéthique a commencé le 24 juillet 2019, il y a 23 mois ! Ca suffit d'attendre. Il est temps de mettre fin à cette 'discrimination intolérable' comme le disait le Président lors de sa campagne en 2017. Nous ne voulons plus attendre", achève de son côté l'association Osez le féminisme, défendant plus que jamais "une PMA pour toutes, sans discriminations".

Cette attente sera-t-elle vraiment satisfaite en juillet prochain ?