Société
Pourquoi le mot "Féminisme" fait peur ? s'interroge cette révélation de la Star Academy qui "préfère les meufs" (et inquiète le patriarcat)
Publié le 18 septembre 2025 à 11:34
Coming out "libérateur", "féminisme doux", patriarcat qui a du mal avec les femmes indignées et les lesbiennes... Marguerite revient pour Têtu sur de nombreuses questions épineuses.
Pourquoi le mot "Féminisme" fait peur ? s'interroge cette révélation de la Star Academy qui "préfère les meufs" (et inquiète le patriarcat)
Pourquoi le mot "Féminisme" fait peur ? s'interroge cette révélation de la Star Academy qui "préfère les meufs" (et inquiète le patriarcat) Elle préfère les filles, les meufs. On le saura. C'est l'intitulé de son tube, et son mantra réjouissant : avec cette chanson éponyme, Marguerite, l'une des grandes révélations de la Star Academy nouvelle génération, célèbre effectivement le coming out lesbien (ou bi) et égratigne gentiment ces messieurs qui jouent trop facilement au bonhomme, tendance bagarre, larmes impossibles et concours de gros bras. A l'image de certaines ritournelles d'Angèle, c'est une ballade qui s'en prend subtilement au virilisme et au mythe de la virilité, pour reprendre les termes de la philosophe Olivia Gazalé. Marguerite rétorque aux machos sans inspiration par sa voix, singulière, tendre, intime, et... On l'a déjà dit : douce. C'est ce qu'elle défend aujourd'hui dans les pages du magazine Têtu, lecture indispensable de la culture LGBTQ en France : "un féminisme doux". Plus précisément, elle revient sur une réflexion qui l'a à juste titre agacée. Ce moment où, sur le plateau de C à vous, elle a dû réagir à cette pique : "Vous préférez les femmes, mais vous ne détestez pas les hommes, quand même, si ?" Dans les pages du magazine Têtu, elle réagit à cette phrase au ras des pâquerettes : "Vous préférez les femmes, mais vous ne détestez pas les hommes, quand même, si ?". Dans Têtu, Marguerite revient sur ce moment de flottement télévisuel : "Le patriarcat a toujours besoin d'être rassuré..." Là, on pense illico à une pique d'Angèle, justement... "Subversive mais pas agressive", avait titré Paris Match au sujet de la chanteuse Belge bien connue.

Elle préfère les filles, les meufs.

On le saura. C'est l'intitulé de son tube, et son mantra réjouissant : avec cette chanson éponyme, Marguerite, l'une des grandes révélations de la Star Academy nouvelle génération, célèbre effectivement le coming out lesbien (ou bi) et égratigne gentiment ces messieurs qui jouent trop facilement au bonhomme, tendance bagarre, larmes impossibles et concours de gros bras. Façon Tu seras viril, mon kid. 

A l'image de certaines ritournelles d'Angèle, c'est une ballade qui s'en prend subtilement au virilisme et au mythe de la virilité, pour reprendre les termes de la philosophe féministe Olivia Gazalé.

Marguerite rétorque aux machos sans inspiration par sa voix, singulière, tendre, intime, et... On l'a déjà dit : douce, donnant le la à son émancipation et la confirmation de son orientation sexuelle. C'est ce qu'elle défend aujourd'hui dans les pages du magazine Têtu, lecture indispensable de la culture LGBTQ en France : "un féminisme tendre". 

Qui néanmoins attise une certaine appréhension de la part de celles et ceux qui semblent traumatisés par ce mot : FEMINISME. Et Marguerite en est consciente.

Plus précisément, elle revient sur une réflexion qui l'a à juste titre agacée. Ce moment où, sur le plateau de C à vous, elle a dû réagir à cette pique : "Vous préférez les femmes, mais vous ne détestez pas les hommes, quand même, si ?"

Droit de réponse...

Pourquoi le mot féminisme fait peur ? La révélation de la Star Academy qui "préfère les meufs" réagit

Marguerite a le dernier mot. 

Dans les pages du magazine Têtu, elle est revenue sur son coming out, l'effet "libérateur" de la chanson Les filles, les meufs (un véritable hymne pour le Mois des Fiertés !), jamais évident, et a réagi à cette phrase au ras des pâquerettes : "Vous préférez les femmes, mais vous ne détestez pas les hommes, quand même, si ?". 

Dans Têtu, Marguerite s'autorise un coup de rétro sur ce moment de flottement télévisuel, qu'elle résume avec ces mots bien sentis : "Le patriarcat a toujours besoin d'être rassuré..."

Et détaille encore auprès du journaliste du magazine queer : "C'est intéressant ce genre de réactions car ma chanson propose un féminisme tendre, loin de la radicalité à laquelle on l'associe souvent. et pourtant ca ne suffit pas, il faut encore prendre certains personnes par la main !"

Oui, car une femme lesbienne, inquiétera toujours le patriarcat, c'est une réalité. Précisément car elle apparaît comme une femme émancipée du désir masculin, ne désirant pas les hommes, ce qui pour certains fait office de provocation, de véhémence. Cela, Alice Coffin l'analyse avec minutie dans son essai et manifeste, Le génie lesbien. C'est pour cela qu'être lesbienne relève de l'intime comme du politique.

Pour Terrafemina, Alice Coffin expliquait justement ceci : "Les lesbiennes n'ont pas à composer en permanence avec les hommes. En soi, elles incarnent une forme de résistance. Elles peuvent "faire sans eux" et leur rappeler qu'ils ne sont pas essentiels à leurs vies. Elles peuvent s'en affranchir quitte à être dans la marge. De là vient leur force de contestation."

Là, nous viennent à l'esprit Adèle Haenel, Kristen Stewart, des femmes jugées sur leur physique depuis qu'elles ont fait leur coming out lesbien. Les hommes ont toujours le besoin de se "rassurer" eu leur témoignant leur véhémence et leurs jugements.

Néanmoins, ce que démontre cette question posée à Marguerite, c'est que le mot Féminisme, près d'une décennie après #MeToo, effraie encore. On s'en attriste.

Là, on pense illico à une pique d'Angèle, justement...

"Subversive mais pas agressive", avait titré Paris Match en 2020 au sujet de la chanteuse Belge bien connue. 

Comme pour faire taire sa militance. La rendre inoffensive, ne pas inquiéter ces messieurs dans les chaumières, différencier un féminisme "dangereux" d'un féminisme "joli", chatoyant, glamour... 

Et l'interprète de Balance ton quoi n'avait pas vraiment apprécié. Rétorquant ainsi sur ses réseaux sociaux : "ils rallient mon nom, mon image et toute une 'génération' carrément dans la case : jeune fille (en rose) qui ose donner son avis (donc 'subversive'... Il en faut peu hein) mais sans être 'agressive'.

Oulala heureusement que je fais pas partie de ces vilaines féministes violentes et hystériques. Parce que OK, on l'ouvre, mais en restant jolies et polies SVP"

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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