Congé parental : le gouvernement veut le limiter à 18 mois pour les mères

Congé parental : le gouvernement veut le limiter à 18 mois pour les mères
Congé parental : le gouvernement veut le limiter à 18 mois pour les mères
Alors que sera présenté ce lundi après-midi le budget 2015 de la Sécurité sociale, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine devrait proposer deux mesures phares pour réaliser des économies : une limitation du congé parental à 18 mois pour chacun des parents et une diminution de la prime à la naissance.
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« 300 à 400 millions d'euros ». C'est, d'après une source gouvernementale, ce que pourrait permettre d'économiser une réforme du congé parental, souhaitée par la ministre des Affaires sociales. Tandis que sera présenté cet après-midi le budget 2015 de la Sécurité sociale, Marisol Touraine et le ministre du Budget Christian Eckert devraient annoncer une réduction de moitié du congé parental pour les mères.

Aujourd'hui, la loi prévoit qu'une mère de deux enfants ou plus peut interrompre partiellement ou totalement son activité professionnelle pendant trois ans maximum. Pour compenser sa perte de salaire, elle reçoit alors une allocation appelée « complément de libre choix d'activité » (CCLA).

À compter du 1er octobre cependant, entrera en vigueur la loi sur l'égalité réelle entre les femmes et les hommes : les parents d'un seul enfant, qui ont aujourd'hui droit à six mois de congé, pourront prendre six mois de plus à condition que ce soit le second parent qui en soit bénéficiaire. À partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans, à condition que six mois soient pris par le second parent, sinon elle sera raccourcie à deux ans et demi.

La réforme du congé parental défendue par Marisol Touraine va plus loin. À compter de 2015, la ministre des Affaires sociales souhaite que le congé parental soit pris conjointement par les deux parents en accordant à chacun d'eux 18 mois de congé. Si officiellement, une telle mesure a pour but d'inciter les pères de famille à réduire leur activité professionnelle pour pouponner, elle permettrait aussi à l'État de réaliser de sérieuses économies.

Une réforme qui ne satisfait personne

Autre coup porté à la politique familiale : une diminution de la prime à la naissance. Actuellement versée par la Caisse d'Allocations familiales, elle s'élève à 930 euros, mais pourrait bien être largement rabotée pour les familles les plus aisées pour l'arrivée d'un deuxième enfant. Ce qui, d'après Le Parisien, permettrait à l'État de réaliser une économie supplémentaire de 200 millions d'euros.

Du côté des associations familiales, c'est la douche froide. « Nous aimerions savoir à partir de quand une famille est considérée comme aisée, s'interroge sur MetroNews Patrick Chrétien, le président de l'association Familles de France proche de la Manif pour Tous. Car si la naissance d'un premier enfant coûte cher, celle d'un deuxième est tout aussi onéreuse. »


Les associations féministes, à commencer par Osez le féminisme ! – pourtant proche du PS –, se sont elles aussi ralliées aux critiques portées à la réforme de Marisol Touraine. « Réduire le congé parental sans penser de mesures compensatoires, c'est faire des économies sur le dos des femmes», dénonce la porte-parole d'OLF Claire Serre-Combe, qui déplore une pénalisation supplémentaire des femmes précaires.