Julien Blanc, le "coach en séduction" persona non grata dans le monde entier

Julien Blanc, le "coach en séduction" persona non grata dans le monde entier
Julien Blanc, le "coach en séduction" persona non grata dans le monde entier
Il est devenu en quelques semaines l’homme le plus détesté au monde. Julien Blanc, le coach en séduction de la société américaine RDS qui incitait les hommes à abuser sexuellement des Japonaises est persona non grata dans une dizaine de pays. Australie, Canada, Brésil, Royaume-Uni : de nombreux gouvernements ont lancé des procédures afin de lui interdire l’entrée sur leur territoire.
A lire aussi
Cette vache échappée d'un abattoir émeut le monde entier
News essentielles
Cette vache échappée d'un abattoir émeut le monde entier


Sa présence n'est plus la bienvenue nulle part. Julien Blanc, cet homme de 25 ans se présentant comme un coach en séduction ne cesse de voir la liste des pays dans lequel il est indésirable s'allonger. Et pour cause, au début du mois, il avait fait scandale en publiant sur le web une vidéo de l'un de ses séminaires pendant lequel il prodiguait à une assemblée 100% masculine des conseils douteux pour draguer les Japonaises. Problème, plus que de la drague, ses recommandations s'apparentaient davantage au mode d'emploi de l'agression sexuelle. Employé par la société Real Social Dynamics (le « leader en conseil de séduction depuis 2002 »), le jeune Suisse naturalisé américain incitait en effet son auditoire à profiter des différences culturelles entre l'Occident et le Japon, quitte à utiliser la contrainte pour parvenir à ses fins.

« Si vous restez poli avec les Japonaises, elles vont s'enfuir. Mais si vous les forcez, elles ne bougeront pas. Vous pouvez même baisser leur tête jusqu'à votre b*** », expliquait-il notamment dans la vidéo supprimée depuis. Et de poursuivre : « Au Japon, si vous êtes un homme blanc, vous êtes le roi du monde. Vous pouvez faire ce que vous voulez. Dans la rue, il suffit d'attraper les filles par la nuque et de mettre leur tête entre vos jambes, elles n'osent pas se défendre ». Repérée par des militantes féministes, cette vidéo faisant l'apologie du viol avait rapidement fait le tour de la toile, déclenchant l'indignation et la colère des internautes. Sur Twitter, une vague de messages associés au hashtag #takedownJulienBlanc avaient déferlé afin d'obtenir la fermeture des compte de l'intéressé. Quelques jours plus tard, c'est la Real Social Dynamics elle-même qui était prise à partie par les utilisateurs du site de microblogging via le mot-clé #takedownRSD.


Une annulation de visa en Australie, une demande bloquée au Brésil

Depuis la pression n'est pas retombée, bien au contraire. Face au tollé provoqué, les hôtels australiens censés accueillir celui qui se décrit lui-même comme un pickup artist (artiste de la drague, en français) ont annulé la tenue de ses séminaires, tandis que les services de l'immigration annulaient parallèlement son visa, l'obligeant à quitter le territoire. Et l'Australie est loin d'être le seul pays dans lequel Julien Blanc soit désormais persona non grata.

Le ministre canadien de l'immigration a ainsi récemment indiqué étudier « toutes les options » pour l'empêcher d'organiser des conférences dans le pays, après le lancement d'une campagne intitulée Take Julien Blanc Out of Canada (Ne laissons pas entrer Julien Blanc au Canada).

Même son de cloche au Brésil où une pétition a recueilli quelques 400 000 signatures. Alors qu'une Brésilienne est violée toutes les dix minutes, le gouvernement a récemment fait savoir par voie de communiqué de presse qu'il existait « des éléments suffisants » pour refuser à Julien Blanc un visa s'il en faisait la demande, indique Les Nouvelles News.

Enfin, attendu en Angleterre à la fin de la semaine, le pickup artist pourrait être contraint de revoir ses plans. En réponse à deux pétitions réunissant à ce jour 156 000 et 133 000 signataires, la secrétaire d'État à l'Intérieur, Lynne Featherstone, s'est en effet positionnée contre sa venue. « Je prends très au sérieux les considérations sexistes absolument odieuses que Julien Blanc porte sur les femmes. S'il était autorisé à se produite au Royaume-Uni, je suis persuadée que les cas de harcèlements sexuels et d'intimidation augmenteraient », a-t-elle réagi. À noter qu'en Allemagne, en Corée du Sud, au Japon et à Singapour, diverses initiatives ont également été lancées pour empêcher la venue du coach controversé. 

« Je voulais juste provoquer un choc »

Quant à ce ce dernier, il s'est récemment exprimé sur l'antenne de CNN. Se décrivant lui-même comme l'« homme le plus détesté au monde », il s'est dit bouleversé par toute cette affaire, présentant des excuses peu convaincantes. « Je n'ai jamais eu de mauvaises intentions. J'admets que c'était une tentative horrible de faire de l'humour et malheureusement, la plupart de ces choses ont été sorties de leur contexte. J'en endosse l'entière responsabilité et je m'en excuse. Je suis extrêmement désolé. Je me sens terriblement mal », a-t-il assuré. Mais concernant les photos postées sur son compte Twitter - et sur lesquelles on le voyait enserrer le cou de plusieurs femmes -, l'expert en séduction a battu en retraite, assurant que les clichés ne reflétaient pas la réalité. « Ce n'est pas ce que j'enseigne. On peut toujours voir une photo sous un angle négatif. Je passais du temps avec ces filles. Je ne les ai pas attrapées par le cou. Je voulais juste provoquer un choc. Cela a été le cas, mais pour de mauvaises raisons », explique-t-il. Sans commentaires...

Dans l'actu