Lutter contre les jouets sexistes ? C'est pas gagné

Lutter contre les jouets sexistes ? C'est pas gagné
Lutter contre les jouets sexistes ? C'est pas gagné
Une femme qui cuisine, un homme qui travaille, un point c'est tout. Les jouets « sexistes » reproduisent bien souvent les stéréotypes hommes / femmes. À l'approche de Noël, la délégation aux Droits des femmes et à l'Égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat, présidée par Chantal Jouanno (UDI) a présenté, ce jeudi 18 décembre, une série de recommandations pour tenter de, si ce n'est lutter contre ce phénomène, au moins de sensibiliser les distributeurs et les parents.
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À quelques jours de Noël, et alors que des millions de consommateurs français procrastinateurs se presseront ce week-end dans les allées de centres commerciaux bondés pour trouver le jouet dont rêve la chair de leur chair, des sénateurs dénoncent la persistance de stéréotypes sexistes dans les jeux et jouets.

« Un jouet participe à la construction identitaire »

Pour lutter contre ces vecteurs miniatures d'inégalités entre les sexes, la délégation sénatoriale aux Droits des femmes et à l'Égalité des chances entre les hommes et les femmes a présenté, ce jeudi 18 décembre, un rapport d'information sur « l'importance des jouets dans la construction de l'égalité entre filles et garçons ». « Un jouet n'est pas qu'un outil d'apprentissage, mais participe à la construction identitaire », explique la sénatrice UDI Chantal Jouanno, présidente de la délégation et co-rapporteur du document.

Et l'élue centriste de poursuivre : « Les jeux de filles développent moins de compétences (…) des jeux d'imitation ; ceux des garçons encouragent la compétition ». Roland Courteau, sénateur socialiste de l'Aude, pointe lui la régression des industriels dans le domaine. « Dans les années 70, des catalogues américains montraient des garçons jouant à la cuisine et des filles à la construction, il existe une régression depuis les années 90 avec une concentration des grands groupes ».

Un combat perdu d'avance ?

Le rapport recommande, notamment, (l'ensemble des recommandations sont consultables ci-dessous, ndlr) la mise en place d'une « charte de bonne pratique pour les grandes enseignes de distribution de jouets et les grands groupes de fabricants, pour que les jouets soient la première initiation à l'égalité ». Reste que le combat semble quelque peu inégal au regard du faible pourcentage de jouets fabriqués en France. En effet, seule 6% des jouets présents dans les rayons sont construit dans l'Hexagone.

Se pose alors la question des (maigres) moyens de pression : « Le name and shame ». En clair, nommer les fabricants de jouets sexistes et les dénoncer. Une ambition qui risque de rester de l'ordre du vœu pieux, malgré la mobilisation récurrente des collectifs féministes, chaque année en période de fêtes, dans les grandes surfaces pour sensibiliser les parents à la question du sexisme au pied du sapin.