Observatoire Orange-TF : 3 questions à C. Jouneau-Sion

Observatoire Orange-TF : 3 questions à C. Jouneau-Sion
Observatoire Orange-TF : 3 questions à C. Jouneau-Sion
L’école est loin d’être has been, c’est la leçon à tirer du baromètre Orange-Terrafemina sur l’éducation et le numérique. Premiers acteurs de cette révolution, les profs se lancent dans les cours interactifs et changent les codes traditionnels de la salle de classe. Caroline Jouneau-Sion, enseignante en histoire-géographie, réagit aux résultats de l’enquête.
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Caroline Jouneau-Sion est enseignante en histoire-géographie au collège lycée Germaine Tillion à Sain-Bel, et a présidé l'association des Clionautes, site mutualiste des enseignants en histoire.

Terrafemina : Selon notre sondage, 93% des parents d'élèves estiment nécessaire que l'école adopte les nouveaux outils numériques. Les professeurs sont-ils aussi unanimes ?

Caroline Jouneau-Sion : Je ne suis pas surprise par le consensus autour de la nécessité du numérique à l'école. Aujourd'hui, presque tout le monde est connecté, les parents veulent donc que leurs enfants soient formés sur ces nouveaux outils. En tant que professeur je vois cette demande des parents comme une porte d'entrée : je suis convaincue que notre mission est de former les enfants, mais aussi éduquer, c'est-à-dire enseigner une attitude à adopter sur Internet. Les élèves sont d'ailleurs très demandeurs de méthodes pour communiquer, mettre en place un travail collaboratif, utiliser les réseaux sociaux pour leur travail. Le partage est devenu une compétence sur le web, même les hommes politiques utilisent Twitter, les élèves veulent aussi prendre le train en marche.

TF : Les professeurs souffrent-ils d'un manque de formation et d'accompagnement pour utiliser les outils numériques en classe ?


C. J.-S. : Le fait que les élèves soient connectés pendant un cours ajoute de l'imprévu pour le professeur. Toutes les données auxquelles ils ont accès appellent beaucoup de questions, et ce n'est pas toujours facile d'y répondre. Plus que jamais l'enseignant est indispensable : il aide les élèves à faire le tri face à cette information souvent partielle, brute ou orientée. D'un point de vue technique, c'est vrai que cela ajoute du travail : il faut organiser le cours différemment. En histoire-géographie, un cours classique comprenait une partie magistrale et une partie plus pratique sur manuel ou sur des documents photocopiés. Quand nous travaillons en salle informatique, les élèves sont plus actifs, je les encourage à chercher, sans parfois savoir moi-même ce qu'ils vont trouver. La façon de les amener au savoir devient donc différente. Pédagogiquement et didactiquement ce n'est pas la même démarche, et je n'ai pas reçu de formation pour ce type de cours...

TF : Les outils numériques sont-ils devenus indispensables pour votre travail d'enseignant ?

C. J.-S. : Je les utilise de plus en plus. Sans Internet je ne peux plus préparer un cours. Les sites mutualistes auxquels je collabore, comme Clionautes.org, permettent de mettre en commun les démarches et les idées entre professeurs, ils génèrent un gain de temps mais surtout rompent l'isolement du prof.
En cours je peux m'en passer mais c'est vraiment dommage. Ma classe est connectée en permanence, j'ai un vidéo projecteur qui rediffuse l'écran de mon ordinateur portable. En géographie Google Earth s'avère incontournable, nous travaillons également avec Google maps et Scribble maps, un outil pour faire ses propres cartes. J'ai aussi découvert Etherpad, un site qui permet d'écrire collectivement et en instantané, depuis des postes différents. Les élèves peuvent organiser une prise de note collective, se corriger et se compléter directement sur la même page.

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