Crèche : "Il manque encore 400 000 places"

Crèche : "Il manque encore 400 000 places"
Crèche : "Il manque encore 400 000 places"
Alors que la responsable d'une des crèches clandestines découverte cet été à Marseille vient d'écoper d'une peine d'un an de prison avec sursis et de 13 000 euros d'amende, le collectif « Crèchequisepasse » organisait ce matin une action symbolique pour dénoncer la pénurie de berceaux. Mais pourquoi, malgré les promesses des gouvernements successifs, seuls 13 % des enfants de moins de 3 ans obtiennent une place en crèche ? Éclairage de Sylvain Forestier, président de la Fédération Française des Entreprises de Crèches (FFEC) et Fondateur de la Maison Bleue.
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Terrafemina : Quelle est aujourd’hui la situation en matière de garde d’enfants en France ?

Sylvain Forestier : L’offre d’accueil est très diversifiée en France avec d’un côté l’offre individuelle qui fait référence aux assistantes maternelles (652 000 places) et à la garde d’enfant à domicile (45 000 enfants), de l’autre, l’accueil collectif qui représente 10 800 établissements d’accueil du jeune enfant, soit 350 000 places (dont 20 000 créées par les entreprises de crèches).
Malgré tout, l’offre est encore insuffisante en nombre de places. En effet, on compte actuellement 835 000 naissances par an en France, et 2,5 millions d’enfants de moins de 3 ans. Or, seuls 13 % des enfants de moins de 3 ans sont accueillis en crèche. On estime qu’il manque encore 400 000 places de crèche en France.

Tf : Pourquoi, malgré les promesses des gouvernements successifs, cette pénurie de berceaux n’est-elle toujours pas résolue ?

S.F. : Malgré les efforts qui sont menés (aides fiscales importantes accordées aux entreprises et aides aux collectivités), il existe un déséquilibre important entre l’offre et les besoins en places de crèche. En cause, les coûts importants que représentent la création et le fonctionnement des crèches. En effet, le prix moyen d’un berceau en France est de 13 000 euros. Or, aujourd’hui, les collectivités ont moins de moyens financiers pour assurer ce service. Quant aux entreprises, elles ne sont pas encore suffisamment sensibilisées à la problématique de garde d’enfants de leurs salariés et de conciliation entre vie familiale et responsabilités professionnelles.
En outre, le manque de locaux disponibles représente un véritable frein. En effet, de nombreux bailleurs rechignent à l’idée de louer leurs locaux sachant qu’ils ne récupéreront pas la destination d’origine de leur bien à l’expiration du bail. Par ailleurs, les normes attachées aux locaux sont contraignantes notamment lorsqu’il s’agit de locaux situés en ville, il n’est par exemple pas toujours facile de trouver des locaux avec un jardin à Paris.
Enfin, le secteur souffre d’importantes difficultés de recrutement. Il existe une véritable pénurie de main-d’œuvre, les professionnels de la petite enfance étant dans l’obligation d’être diplômés. Ainsi, de nombreuses crèches ne peuvent pas accueillir le nombre d’enfants pour lequel elles sont agréées faute de personnel suffisant ou parce qu’elles peinent à le fidéliser.

Tf : Quelles sont les solutions à envisager, au niveau public et/ou privé, pour venir à bout de ce problème ?

S.F. : Les solutions préconisées sont multiples. Tout d’abord, chaque entreprise devrait être amenée à accompagner ses salariés sur la question du mode de garde de leurs jeunes enfants. Un soutien qui pourrait prendre la forme d’une étude de besoins et aboutir au financement par l’entreprise de places réservées dans une crèche interentreprise située près du lieu de travail ou du domicile du salarié.
Par ailleurs, un plan d’urgence devrait être lancé en partenariat avec les régions afin d’attirer les jeunes vers ces métiers et développer les centres de formation.

Crédit photo : iStockphoto

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