Des pères au bord de la crise de nerfs

Des pères au bord de la crise de nerfs
Des pères au bord de la crise de nerfs
Les trois quarts des divorces se concluent sur un droit de garde des enfants attribué à la mère. Initié il y a quelques années, un mouvement de pères en colère se rebiffe contre cet état de fait. Serge Charnay, 43 ans, est retranché sur une grue à Nantes depuis vendredi. Sa revendication ? Voir son fils Benoît.
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Les actions coup de poing de plusieurs pères nantais sont en train de provoquer l’électrochoc escompté. Il semblerait en effet que le gouvernement soit prêt à entendre ce que les associations de défense des pères dénoncent depuis des années, à savoir le privilège accordé à la mère pour la garde des enfants en cas de divorce. Les ministres de la Famille et de la Justice, Dominique Bertinotti et Christiane Taubira, recevront dans la semaine les représentants des associations parmi lesquelles SOS Papa, qui soutient l’action de Serge Charnay.

Cet ancien informaticien de 43 ans est perché depuis vendredi au sommet d’une grue d’un chantier naval désaffecté de Nantes. Par ce geste il entend protester contre sa situation et celle de nombreux pères en France : il n’a pas vu son fils Benoît depuis deux ans. Son droit de visite lui aurait été retiré après une condamnation pour soustraction d’enfant. 

Des pères solidaires

Son cas est loin d’être isolé, et d’autres papas ont décidé de le prendre pour exemple. Samedi, Nicolas Moreno, escaladait une autre grue nantaise, « par solidarité » avec Serge Charnay. Ce père de 34 ans serait lui-même privé de la garde de ses fils depuis son divorce. Il est néanmoins redescendu de sa grue samedi en fin de journée. Le Huffington Post rapporte le cas de deux autres pères qui auraient menacé de sauter dans le vide s’ils ne revoyaient pas leurs enfants, à Strasbourg et près de La Rochelle. Les deux auraient accepté de redescendre de leur perchoir après négociations avec la police ou les pompiers. 

En 2010, 15% des cas de divorce ont abouti à une garde alternée

Lundi matin, Serge Charnay refusait toujours les vivres et les médicaments que la police se proposait de lui faire parvenir là-haut. L’homme peut se féliciter d’avoir interpellé le gouvernement, puisque le premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré dimanche 17 février dans un communiqué qu’il comptait suivre cette affaire avec la plus grande attention. Dominique Bertinotti a reconnu quant à elle qu’on ne pouvait pas « vouloir l’égalité homme-femme, et en même temps, ne pas entendre les revendications des pères qui entendent assumer à parts égales leurs responsabilités. »  Ce qui est en cause, selon les associations de défense des pères, c’est un fonctionnement biaisé de la justice, qui, selon des principes tacites et stéréotypés, continue de favoriser la mère en cas de divorce pour l’attribution de la garde des enfants. Selon les statistiques du ministère de la Justice, 77% des divorces en 2010 ont abouti à l’octroi de la garde principale à la mère, dans 15% des cas la garde alternée a été décidée, et 8% ont abouti à la garde principale pour le père. 

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