Gifle, fessée : une campagne choc pour interdire les "violences éducatives"

Gifle, fessée : une campagne choc pour interdire les "violences éducatives"
Gifle, fessée : une campagne choc pour interdire les "violences éducatives"
Mettre un terme aux violences éducatives infligées par 85 % des parents français à leurs enfants. C'est l'objectif de la campagne télévisée de la Fondation pour l'Enfance qui sera lancée le 22 juin prochain. Une fondation qui pour diffuser son message a choisi un slogan aussi choc que son clip : « Il n'y a pas de petite claque ».
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Une campagne pour lutter contre les violences dites « éducatives », telle est l’initiative de la Fondation pour l'Enfance. À partir du 22 juin prochain, 16 chaînes de télévision diffuseront un clip mettant en scène une mère giflant son fils - excédée par le bruit de ce dernier alors qu'elle est au téléphone -, avec un message clair : « Il n'y a pas de petite claque ». Car s'il semble anodin aux adultes, « ce coup donné sur la joue avec le plat de la main », selon la définition du Larousse, a l'effet d’un coup de poing sur un enfant. Et pour que le téléspectateur ait conscience de cette violence sur le visage d'un enfant, la Fondation pour l'Enfance a fait le choix de filmer la scène au ralenti.


« Nous voulons montrer aux parents qu'il y a violence, qu'il y a traumatisme, que tout geste de violence physique envers un enfant peut avoir des conséquences sur sa santé physique et  psychologique », a d'ailleurs expliqué à l’AFP Gilles Lazimi, médecin généraliste et coordinateur de la campagne. « On voit la peur s'installer mais aussi l’incompréhension parce que pour la même bêtise hier, il n'y a pas eu la petite claque », analyse, quant à elle, au micro d'Europe 1 le docteur Emmanuelle Piet, également coordinatrice de la campagne. Et d'ajouter : « Cela donne aux enfants l'impression que les adultes autour d'eux ne sont pas fiables et qu'ils vont tout d'un coup devenir très méchants. L'enfant se trouve alors incapable de "penser un endroit sûr pour lui". C'est ça qui va lui donner des troubles psychologiques et des difficultés d'apprentissage ».

« On apprend à l’enfant qu’on peut frapper plus petit que soit »

Mais au-delà des troubles d’apprentissage, ce mode d’éducation peut également avoir des incidences sur les rapports du jeune vis-à-vis d’autrui. « On va apprendre à l'enfant qu'on peut frapper plus petit que soit ? Que les relations se gèrent avec la violence ? », interroge ainsi le docteur Lazimi, prévenant, dans les colonnes du Parisien qu’une gifle amène l’enfant à penser « que frapper est un mode de communication, qu’aimer, c’est frapper. Et le jour où il sera parent à son tour, il lèvera la main sur ses enfants ».

Selon La Fondation pour l’Enfance, aujourd’hui, en France, 85% de parents donnent un coup pour réprimander leurs enfants et 50% estiment qu'il s'agit d'une punition « éducative ». Pour faire évoluer les mentalités, elle milite donc pour une loi prohibant les « violences éducatives ordinaires », à l’instar des 32 pays dans le monde qui ont déjà légiféré sur ce sujet.  

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