Grandir avec une sœur rend heureux... et conservateur

Grandir avec une sœur rend heureux... et conservateur
Grandir avec une sœur rend heureux... et conservateur
Alors qu'une enquête menée il y a quelques années affirmait que grandir avec une sœur était gage de bonheur, une plus récente réalisée aux États-Unis prétend qu'une sœur augmente, pour les hommes, la probabilité d'avoir une vision conservatrice voire sexiste du rôle des femmes.
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« Grandir avec une sœur rend plus apte au bonheur », estime le professeur de psychologie Tony Cassidy, de l’Université d’Ulster en Irlande du Nord. Auteur, il y a quelques années d’une étude sur le lien entre la composition d’une famille et le « bien-être émotionnel » de ses membres, il avait conclu que ceux, femmes et hommes, qui avaient grandi avec une sœur étaient généralement plus heureux. « Les sœurs encouragent visiblement plus à la communication et à la cohésion des familles. Or l’expression des émotions est fondamentale pour une bonne santé psychologique », avait-il expliqué au terme de cette étude menée auprès de 600 jeunes adultes âgés de 17 à 25 ans. Ainsi, chez les hommes n’ayant que des frères, le niveau de bien-être était inférieur à celui de ceux ayant des sœurs.

Mais si une sœur a la capacité d’influer sur la santé psychologique de son entourage, elle aurait également un impact sur ses choix politiques. En effet, une étude américaine et dont le Daily Mail se fait l’écho, affirmerait quant à elle que les hommes ayant grandi avec une sœur auraient davantage une vision traditionaliste de la répartition des tâches domestiques. Selon eux, ces activités seraient une affaire de femmes. Les hommes dans ce cas seraient ainsi 17 % à affirmer être moins investis que leur compagne dans les corvées ménagères. Au final, selon les chercheurs des universités de Loyola Marymount et de Stanford (États-Unis), avoir une sœur augmenterait de 15 % les probabilités pour un homme de devenir conservateur.

Des corvées ménagères attribuées plus équitablement dans les fratries masculines

Un phénomène dû à la répartition des tâches faites par leurs parents dans leur jeunesse, ces derniers ayant eu tendance à attribuer certains travaux domestiques aux filles. Au contraire, dans les fratries exclusivement masculines, les corvées étant partagées de manière équitable, elles n’apparaissaient plus comme étant genrées. Dans les colonnes du quotidien britannique, le professeur Andrew Healy, co-auteur de cette étude, s’est étonné de ces résultats. « On aurait pu s’attendre à ce que les garçons apprennent à soutenir l'égalité de genre à travers leurs interactions avec leu sœur. Mais les données suggèrent que d'autres forces agissent plus fortement sur les comportements politiques des hommes, comme la façon dont la famille attribue les tâches ménagères, telles que la vaisselle, conformément aux rôles traditionnels des sexes. »

À noter que l’étude, qui porte sur des statistiques réalisées entre les années 1960 et 2000, auprès de 1 669 étudiants, révèle un recul de cette vision conservatrice au cours des dernières années. Le résultat d’une éducation moins sexiste ?   

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