Dorcelle.com : le porno sans plombier macho

Dorcelle.com : le porno sans plombier macho
Dorcelle.com : le porno sans plombier macho
Dorcelle.com, c'est la dernière tentation des productions Marc Dorcel : un site porno fait par les femmes et pour les femmes (mais où il y a des hommes quand même). Un acteur historique du X qui s'occupe enfin des fantasmes féminins sans tomber dans l'eau de rose et les clichés, ça mérite un coup de chapeau. Entretien avec Grégory Dorcel, fils unique de Marc et directeur général des productions Dorcel.
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Terrafemina : Un acteur majeur du X qui prend le parti de créer un site pour les femmes, ce n’est pas anodin. Est-ce une façon d’avouer que le porno ne s’adresse qu’aux hommes depuis 40 ans ?

Grégory Dorcel : C’est évidemment prendre conscience que le porno s’adressait mal aux femmes jusqu’à aujourd’hui, et c’est tout mettre en œuvre pour mieux s’adresser à elles et leur proposer un environnement qui leur conviennent, d’autant plus qu'aujourd'hui les femmes sont très demandeuses ! En effet, l’enquête IFOP que nous venons de réaliser révèle que 82% des Françaises majeures ont déjà vu un film X, que 50% d’entre elles regardent du X seules et qu’elles sont 18% à consommer du porno régulièrement et occasionnellement.

Tf : On colle souvent sur les femmes des a priori : elles préfèrent la littérature érotique aux films X, elles sont plus sensibles à la suggestion qu’aux scènes explicites en gros plan… À votre avis, que veulent les femmes en matière de pornographie ?

G. D. : Nos enquêtes convergent toutes vers les points suivants : en matière de porno, les femmes veulent de l’action, comme les hommes, et pas d’images soft à l’eau de rose. Elles veulent aussi de la sophistication - des beaux décors, de la belle lingerie, une belle image. Des acteurs beaux ou au physique agréable, mais pas forcément des supers machos : 35% des femmes déclarent que c’est un élément important pour elles. Du réalisme et un souci du détail proche de la réalité. Bien sûr, le X se doit d’être la représentation de fantasmes (donc tout sauf le quotidien !), mais pour autant les situations doivent rester réalistes pour un minimum d’identification et surtout, ces petits détails qui font que l’on y croit doivent participer à une montée du désir et une progression dans l’intensité…

Tf : L’une de vos premières chroniques publiées sur Dorcelle.com est titrée : « J’ose la sodomie ». Est-ce que porno féminin sous-entend forcément « pédagogie », pour des femmes plus novices que les hommes ?

G. D. : Les résultats du sondage prouveraient l’inverse. Les femmes déclarent moins que les hommes avoir « appris » grâce au X : 22% seulement d’entre elles - contre 40% des hommes - déclarent que le X a participé à leur apprentissage et à la découverte de leur sexualité. Et puisque vous parlez de cet article en particulier, c’est l’un des plus lus jusque maintenant ; il a été rédigé par Coralie Trinh Thi, une ancienne actrice qui livre plus un témoignage personnel que des conseils didactiques.

Tf : Que trouve-t-on sur Dorcelle.com qu’on ne trouve pas ailleurs ?

G. D. : Un site porno que les femmes ont envie de consulter et découvrir, un lieu fait pour elles, organisé comme un sac à main de filles. En fonction de leur humeur, elles peuvent fouiller un peu partout dans les rubriques : chroniques, conseils, interviews… Et une sélection de contenus X qui leur convient avec suppression de tous les clichés que l’on peut retrouver sur les plateformes porno classiques. Par exemple, exit le plombier qui se retrouve le pantalon sur les chevilles dès la première minute !

Tf : L’industrie du cinéma X se porte mal depuis qu’Internet propose du porno gratuit. Comment jugez-vous la qualité de ces contenus en libre accès ? L’évolution vers le « Gonzo » est-elle allée trop loin ? Est-ce le moment de réinventer le porno ?

G. D. : Non, le porno se porte mal depuis le piratage et depuis que des sites proposent en toute impunité du contenu illicite. Que du contenu soit offert, cela existe dans l’audiovisuel depuis la nuit des temps - c’est le modèle de TF1, M6… et de toute radio. Le contenu est en fait payé par la publicité soumise aux spectateurs. Le problème est qu’il s’agit ici de piratage. Le contenu utilisé est volé par ces sites, qui en dégagent d’énormes profits dans des paradis fiscaux. S’il n’y a plus de budget, les producteurs ne peuvent plus faire de films ni d’images de qualité. C’est pourquoi la production mondiale se limite principalement au petit gonzo peu qualitatif.

Tf : D’après votre étude sur les femmes et le porno, 8 sur 10 femmes ont déjà visionné un porno, mais cette activité reste encore occasionnelle pour la plupart. Néanmoins, parmi les adeptes, une sur deux le visionne seule. Pensez-vous que la femme soit l’avenir du X en ligne ? Sont-elles prêtes à payer plus que les hommes pour un porno qui leur ressemble ?

G. D. : Les femmes ne sont sans doute pas l’avenir du X en ligne. En tous les cas, pour nous la question n’est pas là. Marc Dorcel a pour vocation de procurer du plaisir à ses clients par des contenus sexy ou des produits. Nous avons tout fait pour que les hommes comme les couples puissent en profiter un maximum ; il semble aujourd’hui que les femmes aient des envies auxquelles on peut mieux répondre, c’est notre devoir de le faire pour leur apporter satisfaction et plaisir. Est-ce que cela génèrera un business assez significatif ? Seul l’avenir nous le dira, mais pour l’instant, nous allons déjà essayer de satisfaire le plus grand nombre d’entre elles.

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