Penelope Fillon : qui est la très secrète épouse de François ?

Peneloppe Fillon : la femme de l'ombre
Peneloppe Fillon : la femme de l'ombre
Dans cette photo : François Fillon
Et si la prochaine Première dame de France était... britannique ? Zoom sur Penelope Fillon, la très secrète épouse galloise de l'ex Premier Ministre.
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Avec 66,5 % des voix au second tour des primaires, Fillon est devenu le champion de la droite pour 2017. Sa victoire, aussi inattendue qu'écrasante, a projeté l'ex-Premier Ministre sous le feu des projecteurs. Pris dans le tourbillon médiatique des présidentielles, celui qu'on oubliait presque à force de discrétion et de sobriété est désormais examiné sous tous les angles, de la taille de ses sourcils au conservatisme de son programme.

Et pourtant, les médias anglo-saxons n'ont d'yeux que pour sa femme et potentielle Première Dame, Penelope Fillon. Si cette Galloise de 60 ans demeure méconnue du grand public, cela ne doit rien au hasard : allergique aux médias, elle a toujours fui les mondanités de la vie politique parisienne pour se consacrer à sa famille (et à son potager). Mais alors que les féministes attaquent l'ambiguïté de Fillon sur l'IVG et le mariage homosexuel, Penelope Fillon a brisé son habituel silence médiatique pour le soutenir.

Marraine de la mouvance "Les Femmes avec Fillon", elle s'est exprimée publiquement le 15 novembre pour collecter les voix féminines : "Je suis depuis trente-cinq ans dans l'ombre, mais là l'enjeu est différent. C'est la première fois que François est candidat à la présidence de la République", a-t-elle déclaré. Le ton est donné : dans la course à l'Elysée, il faudra compter sur celle que Fillon lui-même appelle "[s]on socle". Mais qui est cette femme qui, par sa retenue et son élégance, pourrait redorer le blason du milieu politique français en rompant avec sa scabreuse ultra-peopolisation ?

Penelope Fillon, la femme de l'ombre

Le couple Fillon : 35 ans de mariage et de discrétion
Le couple Fillon : 35 ans de mariage et de discrétion
Dans cette photo : François Fillon

Amour, mariage, famille, château en campagne et élégance : l'histoire du couple Fillon pourrait servir de spot publicitaire à la droite traditionnelle. Penelope Fillon, née Clarke à Llanover, dans le sud du Pays de Galles en 1956, est issue d'une famille de juristes. Elle tombe toute petite dans le droit et étudie à Bristol lorsqu'au détour d'un voyage d'étude à Paris, elle rencontre François Fillon sur les bancs de la Sorbonne. "Ça s'est fait tout seul", raconte ce dernier dans l'émission M6 "Une Ambition Intime". Six ans plus tard, en 1980, ils se marient en deux fois : d'abord civilement, dans la Sarthe natale de François Fillon, puis religieusement près de Llanover, le village d'origine de Penelope. Et peu de temps après leur union, leurs familles se rapprochent davantage encore puisque Pierre Fillon épouse Jane... la soeur de Penelope.

Trente-cinq ans de mariage plus tard, le couple Fillon présente toujours front uni et continue de cultiver la discrétion, devenue leur marque de fabrique. Ensemble, ils ont eu cinq enfants : Marie (34 ans), Charles (32 ans), Antoine (30 ans), Edouard (26 ans) et Arnaud (15 ans). Penelope, avocate de formation, abandonne la profession avant de commencer à exercer pour s'occuper de sa tribu. A part quelques concessions, pour Paris Match essentiellement puis pour l'émission de Karine Lemarchand du 7 novembre, les Fillon restent dans l'ombre et donnent raison au proverbe "Pour vivre heureux, vivons cachés".

"Un diamant brut"

Penny Fillon : famille, discrétion et campagne
Penny Fillon : famille, discrétion et campagne
Dans cette photo : François Fillon

Pourtant, ce n'est pas parce qu'elle fait profil bas que Penelope Fillon est insipide. Originale et d'une "classe naturelle" saluée par la Maison Dior, qui aimerait l'habiller, la Galloise se tient loin des sentiers battus - ou médiatiques- de la vie d'épouse de politique.

En 2007, dans le Telegraph, elle se décrivait comme une "paysanne", les médias n'étant "pas [s]on habitat naturel". Terre-à-terre et amoureuse du grand air, Penelope avoue ouvertement préférer le jardinage aux mondanités, monte à cheval régulièrement à l'Ecole militaire et part se réfugier dès qu'elle le peut dans le domaine familial dans la Sarthe, où elle peut s'éloigner du tourbillon des médias et de la vie parisienne. En 2013, elle devient même conseillère municipale à Solesmes, preuve de son attachement à cette campagne de 1500 personnes.

Ses manières sont courtoises, son sourire franc et son allure discrète, mais c'est une fausse timide, au caractère affirmé. Comme le rapporte Paris Match, Roselyne Bachelot dit d'elle que c'est "un diamant brut". Pour le député de Paris, Bernard Debré, "Penelope a tout compris du monde dans lequel elle évolue. On ne la lui fait pas". Et c'est ce qui fait sa force. Elle est insensible aux courbettes, aux flatteries et aux paillettes : "Penny" , comme la surnomment affectueusement les médias britanniques, est une femme solide, avec les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Pour Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, les Fillon sont "complètement raccords" : "Ils marchent du même pas". Et leur cap est désormais fixé : l'Elysée.

Une Première Dame britannique ?

"Je ne m'attendais pas à être la femme d'un premier ministre, déclarait en 2015 l'inébranlable Penelope à Paris Match. "Première dame, je saurais m'adapter". Après tout, elle n'est pas plus débutante dans le milieu que son mari : Fillon enchaîne tout de même les ministères depuis 1993 (Enseignement supérieur, Technologies de l'information, Poste et Télécommunications, Affaires sociales, Education nationale, jusqu'à son poste de Premier Ministre). Mme Fillon connaît donc bien les impératifs de la vie politique, ses contraintes et ses subtilités.

Et elle relève le défi de l'Elysée avec légèreté. "En tant que Britannique, j'espère mettre un peu d'humour dans le rôle de Première dame", a-t-elle déclaré au Times. "J'ai du mal à m'imaginer habiter à l'Elysée", a-t-elle ajouté. Comparé à Matignon, où elle a séjourné quand François Fillon était Premier ministre, "L'Elysée est plus sombre et plus austère [...], on a l'impression d'être dans un hôtel caverneux. Il n'y a pas de raison que l'ambiance ne soit pas un peu plus détendue".

The Times, plein d'enthousiasme, imagine déjà une Première dame britannique, et insiste sur le décalage entre cette discrète mère au foyer et ses prédécesseures : "Dans la saison 1, on avait Carla Bruni qui a apporté du glamour au spectacle haut en couleur de Nicolas Sarkozy. Dans la saison 2, nous étions fascinés par un drame domestique avec la houleuse Valérie Trierweiler, remplacée par la moins visible Julie Gayet. Et maintenant, préparons-nous à un nouveau changement radical".

Et effectivement, son arrivée à l'Elysée marquerait sans doute la fin des drames amoureux, des balades en yacht ou des rocambolesques infidélités. Pour autant, on ne peut parler de véritable vent de nouveauté concernant Penelope Fillon. Femme au foyer, épouse modèle, mère de cinq enfants, catholique pratiquante, qui vit dans un château à la campagne, avec son gazon impeccablement tondu et son cheval Onyx... Penny est bien plus emblématique de la vieille France des notables que de la femme moderne. En tant que Première Dame, elle serait plus un prolongement de Bernadette Chirac que de Carla Bruni Et comme pour tout retour en arrière, on reste méfiant.

Mise à jour du 25 janvier 2017 : Le Canard enchaîné révèle que Penelope Fillon aurait perçu pas moins de 500 000 euros brut en tant qu'attachée parlementaire de son mari et ce pendant huit ans. Interrogée par le journal d'investigation, une ancienne collaboratrice de François Fillon explique pourtant "n'avoir jamais travaillé avec elle". Le Canard enchaîné affirme également que l'épouse de François Fillon aurait été salariée, du 2 mai 2012 à décembre 2013, de La Revue des Deux Mondes, touchant environ 5 000 euros brut par mois. Interrogé par le Canard, l'ancien directeur de la publication, Michel Crépu, se dit "sidéré" : "Je n'ai jamais rencontré Penelope Fillon et je ne l'ai jamais vue dans les bureaux de la revue."