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Anne Hathaway est sublime, mais... La "grossesse esthétique" fait-elle du bien aux femmes ?
Publié le 19 août 2026 à 16:09
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La grossesse des femmes doit-elle forcément être aussi "sublime" que celle des stars hollywoodiennes ? Les dernières images (magnifiques) de la toujours royale Anne Hathaway interrogent. Une vaste question qui nous renvoie aux plus idylliques "dump" Instagram.
Anne Hathaway est sublime, mais... La "grossesse esthétique" fait-elle du bien aux femmes ?
OK, Anne Hathaway est sublime, mais... La "grossesse esthétique" existe-t-elle vraiment ? Oui, Anne Hathaway est magnifique. C’est une ode à la maternité, en fait. Mais les retours laudatifs du public donnent l’impression que notre société n'adhère qu’à une grossesse sans aspérités, forcément belle, forcément glamour. Plaisante à regarder. Comme Demi Moore en Une de Vanity Fair... La grossesse des femmes doit-elle forcément être aussi "sublime" que celle des stars hollywoodiennes ? Les dernières images (magnifiques) de la toujours royale Anne Hathaway interrogent. Une vaste question qui nous renvoie aux plus idylliques "dump" Instagram. Sur les réseaux, des femmes militent pour une représentation « sans filtre ». Montrer les accros de la grossesse, poser des mots sur le post-partum. Dire la grossesse même dans ses aspects non glamour, c'est encore mieux la magnifier. La rendre authentique, et parler à toutes les femmes. Plus encore, de grandes invisibles l'ouvrent. Comme les femmes grosses. Être grosse et enceinte, c'est s'exposer aux préjugés, aux critiques, au mépris. Et au body shaming, au culte du régime, en amont.

L’Odyssée cartonne. 

L’épopée de Christopher Nolan bouscule le box office, mais ce qui nous renverse, c’est sa reine : Anne Hathaway. Sur les tapis rouges, l’actrice de 43 ans dévoile une grossesse lumineuse. Et si la star est sublime, cela nous interroge : le “baby bump” doit-il forcément être “esthétique” ? 

Oui, Anne Hathaway est magnifique. C’est une ode à la maternité, en fait. Mais les retours laudatifs du public donnent l’impression que notre société n'adhère qu’à une grossesse sans aspérités, forcément belle, forcément glamour. Plaisante à regarder. 

Comme Demi Moore en Une de Vanity Fair...

La grossesse "glamour", une longue tradition hollywoodienne

C’est l’une des couvs les plus mythiques des années 90. Demi Moore pose enceinte et nue en 1991. Toujours aussi sidérante, le plus grand sex symbol de l'époque MTV, même quand son corps est bouleversé. 

Sur les réseaux, des femmes militent pour une représentation « sans filtre ». Montrer les accros de la grossesse, poser des mots sur le post-partum. Dire la grossesse même dans ses aspects non glamour, c'est encore mieux la magnifier. La rendre authentique, et parler à toutes les femmes.

Comme la mannequin plus size Ashley Graham, qui assume de dévoiler ses vergetures quand elle pose, enceinte et nue, sur ses réseaux. Un engagement body positive ET sororal. Elle politise la grossesse en lui refusant les retouches et les filtres.

Les femmes "grosses et enceintes", un vrai tabou 

Plus encore, de grandes invisibles l'ouvrent.

Comme les femmes grosses. Être grosse et enceinte, c'est s'exposer aux préjugés, aux critiques, au mépris. Et au body shaming, au culte du régime, en amont. Marilyn Dunn, influenceuse, l'a expliqué en détails sur son compte Instagram, il y a quelques années de cela.

On l'écoute : « On me dit : "Tu es déjà toutoune, tu ne prendras pas beaucoup de poids enceinte". Comme si je pensais à ça ! Selon mes calculs, ça prend du poids de créer un bébé ! Ce qui compte, ce n'est pas le chiffre sur la balance, mais que mon bébé soit en santé. Il n'y a pas de poids idéal pour tomber enceinte. »

Rihanna ouvre la voix !

Le contrecoup de cette esthétique ? Quand une femme enceinte est jugée « pas assez jolie ». 

Au salon Next Women 40, Marlène Schiappa apparaît dans une tenue large et confortable. Très banale pour une femme enceinte. Look normal. En retour : une pluie d'insultes misogynes et grossophobes. « Quel éléphant », « Son corps a pris cher », « C'est un cachalot », a-t-on pu lire sur les réseaux sociaux au fil des commentaires ouvertement misogynes.

On t'épargne le pire. Schiappa se contente pourtant d'être une femme enceinte comme les autres. D'avoir un corps qui change, des formes. Oui mais voilà : elle n'est pas assez « esthétique ».

Certaines tentent un juste milieu : revendiquer l'esthétique pour mieux la dénoncer. Comme Rihanna. En posant enceinte dans Vogue, sous l'œil de la mythique Annie Leibovitz, elle interroge : « Pourquoi devrions-nous cacher notre grossesse ? Mon corps fait des choses incroyables et je ne vais pas en avoir honte. ». Paradoxe : Vogue fera polémique en… retouchant l'une de ces photos ! On a gommé sa ligne de grossesse — cette pigmentation fréquente chez les femmes enceintes — complètement lissée. Et donc censurée.

Oui, même Riri n'était pas assez "esthétique"... En 2025, sa couv' de HommeGirls, ventre à l'air, nonchalante et badass, causait déjà du souci aux réacs : « Pas très élégant pour une maman », « Négligée », osent alors des internautes face à ces clichés si iconiques.

Ce qui dérange ? La voir garder son aura de « bad bitch » une fois maman. On est loin de l'imagerie sacrée de la maternité. Il est pourtant absurde d'envisager la diva comme une "bad mom". Ces images de la grossesse comptent. Elles disent toujours ce qui pèse sur le corps des femmes : ce qu'il faut montrer, ce qu'il faut cacher. Et notre idée de la « beauté ». Souvent trop lissée. Trop consensuelle.

Mais les mamans n'ont pas dit leur dernier mot.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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