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Se travestir pour survivre : sacrée à la Berlinale, Sandra Hüller éblouit dans une fresque historique vertigineuse.
Publié le 9 septembre 2026 à 10:00
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Rose est un homme. Ou plutôt, grande usurpatrice, elle prétend en être un, en plein dix-septième siècle. La royale Sandra Hüller incarne corps et âme cette “escroc” à l’histoire véridique, au sein d’une œuvre à la qualité visuelle vertigineuse.
Se travestir pour survivre : sacrée à la Berlinale, Sandra Hüller éblouit dans une fresque historique vertigineuse. Se travestir pour survivre : sacrée à la Berlinale, Sandra Hüller éblouit dans une fresque historique vertigineuse.

Peut-on parler de liberté avec une telle vie ?

Ainsi s’interroge la narratrice de Rose, et c’est aussi la question que l’on se pose en découvrant l’histoire aussi passionnante que véridique de cette femme qui, au sortir de la Guerre de Trente ans, s’est travestie en homme. D’abord pour devenir soldat, puis pour pouvoir posséder des terres, et enfin pour prendre la place d’un époux pour s’intégrer pleinement à sa communauté.

Magistrale dans la peau de cette femme qui se crée une nouvelle identité, Sandra Hüller déploie toute la singularité de son jeu, à la fois distancié et organique, pour composer un personnage complexe et ambivalent. Elle porte ce film audacieux, remarqué au dernier Festival de Berlin, avec une performance remarquable qui lui a valu un Ours d’Argent.

Ce récit d’époque s’avère profondément contemporain et c’est justement par cette résonance avec notre temps que Rose nous captive. 

À découvrir en salles dès le 9 septembre !

Rose nous immerge dans un monde très sensoriel. Le film impressionne par son exigence visuelle. 

Comme figés dans le temps, les plans élaborés par Markus Schleinzer ressemblent à des tableaux et composent une atmosphère hypersensorielle, où la nature, omniprésente, vient traduire les sentiments ambivalents des personnages : tempête, champs arides, neige…

Ambigüe, Rose est au carrefour des genres, et l'œuvre qui retrace son vécu est quant à elle au croisement des tonalités : la rudesse des paysages naturels, et des affects, brutaux, côtoient un onirisme étonnant. 

Une impression de rêve éclot dans ces vastes panoramas pastoraux, sensation diffuse assurée par un noir et blanc épais, vertigineux et cotonneux.

Le film trouve également sa force en faisant de sa protagoniste la figure de toutes celles qui, hier comme aujourd’hui, ont dû se travestir pour vivre, ou plutôt pour survivre. On pense par exemple à Calamity Jane mais aussi à Jeanne d’Arc, George Sand ou encore au médecin britannique James Barry, qui a également travaillé dans l’armée.

Tout comme Rose, une “usurpatrice” dont l’histoire est tirée de faits réels, dans une œuvre d'une qualité visuelle impressionnante.

Rose de Markus Schleinzer. Avec Sandra Hüller, Robert Gwisdek et Caro Braun. Sortie le 9 septembre. KMBO Distribution.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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cinéma