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Pourquoi on célèbre toujours les femmes artistes... bien trop tard ?
Publié le 19 août 2026 à 17:00
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Hilma Af Klint a enfin droit à son expo événement au Grand Palais. Et avec elle, bien des créatrices se retrouvent au cœur de rétrospectives exceptionnelles cet été. Mais pourquoi toutes ces femmes illustres sont-elles bien souvent redécouvertes longtemps après leur mort ?
Pourquoi on célèbre toujours les femmes artistes... bien trop tard ?
Pourquoi on célèbre toujours les femmes artistes... bien trop tard ? Hilma Af Klint a enfin droit à son expo événement au Grand Palais. Et avec elle, bien des créatrices se retrouvent au cœur de rétrospectives exceptionnelles cet été. Mais pourquoi toutes ces femmes sont-elles bien souvent redécouvertes après leur mort ? Les grandes oubliées. C’est le nom d’un super livre de Titiou Lecoq qui l’affirme  : souvent, les femmes illustres sont redécouvertes… Trop tard. Et exclues des manuels d’histoire. Car on a plus l’habitude de célébrer les hommes et de les ériger sur un piédestal. Le matrimoine en comparaison n’est mis en lumière que très récemment. En France, assoces et initiatives renversent cette injustice.  Comme le prix Alice Guy, une cérémonie qui met à l’honneur les réalisatrices françaises snobées par les Césars. Titiou Lecoq sur les artistes femmes, et le "regard féminin" : "Au 19e siècle, on a retenu une romancière : George Sand. Les autres ? Oubliées. Comme si les manuels ne retenaient de notre époque qu'Annie Ernaux et Despentes. Les artistes d’aujourd’hui pourraient très bien être oubliées dans 20 ans. C'est un phénomène."

Les grandes oubliées. 

C’est le nom d’un super livre de Titiou Lecoq qui l’affirme  : souvent, les femmes illustres sont redécouvertes… Trop tard. Et exclues des manuels d’histoire et autres récits académiques. Car on a plus l’habitude de célébrer les hommes et de les ériger sur un piédestal. 

Le matrimoine en comparaison n’est mis en lumière que très récemment. Alors même que les figures féminines sont omniprésentes dans les musées - ou plutôt, leurs représentations sur toiles...

Les femmes artistes deviennent toujours géniales... Quand elles ne sont plus de ce monde. On pense très fort à la peintre suédoise Hilma Af Klint, qui a enfin droit à son expo événement au Grand Palais, célébration de son oeuvre abstraite et mystique. Et avant elle, à la pionnière de l’informatique Ada Lovelace. Ou à Olympe de Gouges, l’autrice de la Déclaration des Droits de la Femme, enfin étudiée en cours. 

Et ce n'est pas tout. Le collectif Georgette Sand dans leur ouvrage  “Ni vues ni connues” cite… 75 exemples de ce genre, autant de figures révolutionnaires et de noms précurseurs en leur domaine, de l’exploratrice Alexandra David-Néel à Rosalind Franklin, chimiste qui a participé à la découverte de l’ADN (rien que ça oui).

Alors, comment devient-on invisible ?

"Les manuels d'histoire ne sont jamais neutres"

Présence plus reconnue d’un mari ou d’un frère artiste, travail volé, inégalités du patriarcat, “travestissements” sous des identités masculines, etc. Mais surtout : choix de transmission. Tout part de là. 

Ce que les institutions et les organismes officiels choisissent de transmettre, hiérarchisent, sélectionnent. Des ministères aux académies en passant par les musées - autant de milieux à la forte dominance masculine, en ce qui concerne leurs postes d'autorité et de décision.

Titiou Lecoq le détaille d'ailleurs à Terrafemina dans une longue interview : "Les manuels d'Histoire, neutres ? Faux. Raconter en priorité l'histoire des hommes c’est politique. Les femmes artistes ne réussissent pas ? Faux ! Elles sont effacées par l'Histoire. Rayées des anthologies après leur mort."

Comment le grand public peut-il s’intéresser à un sujet… Dont on ne lui parle jamais ? Comment peut-il mettre des mots face aux “oublis” des dictionnaires et des encyclopédies ? “Pendant trop longtemps, on n'a pas cherché les femmes dans l'Histoire, donc fort logiquement, on ne les a pas trouvées.”, énonce à ce titre Titiou Lecoq, toujours.

Hilma Af Klint, Ada Lovelace, Alice Guy, Chantal Akerman, et tant d'autres, (re)découvertes bien trop tard

En France, assoces et initiatives renversent cette injustice ces dernières années. Comme le prix Alice Guy, imaginée par la journaliste et critique de cinéma Véronique Le Bris, une cérémonie qui met à l’honneur les réalisatrices françaises snobées par les Césars.    

Ou l'association H/F Ile-de-France, qui organise les Journées du Matrimoine (et non du Patrimoine). Puis il y a tout le travail de la dessinatrice renommée Pénélope Bagieu et sa saga des Culottées, célébrant ces femmes qui sortent des cases et ne sont jamais citées dans les manuels scolaires - justement.

Titiou Lecoq nous explique une nouvelle fois cet état des lieux lors de la conversation qu'elle a consacrée à Terrafemina : "Au 19e siècle, on a retenu une romancière : George Sand. Les autres ? Oubliées. Comme si les manuels ne retenaient de notre époque qu'Annie Ernaux et Despentes. Les artistes d’aujourd’hui pourraient très bien être oubliées dans 20 ans. C'est un phénomène."

D'où la nécessité d'en parler aujourd'hui, pour écrire l'Histoire de demain. Et de célébrer le matrimoine, des livres qui recouvrent nos tables de chevet au choix de nos sorties (au musée, au ciné) du weekend. Histoire que ce phénomène, justement, évolue avec son temps, et ses luttes.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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