Les femmes noires sont les cibles principales du cyber-harcèlement

Les femmes noires ont plus de chances d'être cyber-harcelées
Les femmes noires ont plus de chances d'être cyber-harcelées
Amnesty International a publié un rapport dans lequel l'ONG passe au crible des tweets envoyés à un échantillon de femmes en 2017. Il en ressort des chiffres effrayants sur le cyber-harcèlement dont elles sont les victimes.
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Amnesty International a révélé une étude le 18 décembre qui confirme ce que beaucoup de femmes ont déjà vécu sur les réseaux sociaux : le cyber-harcèlement ciblé.

Par le biais d'un partenariat avec une entreprise de logiciels d'intelligence artificielle, Element AI, l'ONG de défense des droits humains a pu passer au crible un échantillon de 228 000 tweets envoyés à 778 femmes aux États-Unis et au Royaume-Unis en 2017.

Pendant seize mois, 6 500 bénévoles ont étudié les tweets envoyés à des femmes politiques de tous bords et des femmes journalistes de nombreux médias (The Daily Mail, The New York Times, Guardian, The Sun, GalDem, Pink News et Breitbart).

Grâce à cette étude, Amnesty International a pu déterminer que ces femmes avaient reçu 7,1% de tweets injurieux et problématiques.

En extrapolant les données, Element AI a pu calculer que "1,1 million de tweets violents, injurieux ou problématiques ont été envoyés aux femmes [de l'étude] sur la période de l'étude au cours de l'année - soit en moyenne un toutes les 30 secondes."

Les femmes noires, premières cibles du cyber-harcèlement

A partir de son étude, Amnesty International a pu fait plusieurs observations. Elle a ainsi pu déterminer que "les femmes noires sont prises pour cibles de manière disproportionnée, ayant 84 % de risques de plus que les femmes blanches d'être citées dans des tweets injurieux ou posant problème. Un tweet sur 10 mentionnant des femmes noires a un caractère violent ou problématique, comparé à un tweet sur 15 pour les femmes blanches."

Par ailleurs, les femmes racisées ont 34 % de risques de plus par rapport aux femmes blanches d'être mentionnées dans des tweets injurieux ou problématiques.

La responsabilité de Twitter mise en cause

Twitter avait refusé de communiquer ses données à Amnesty International pour qu'elle les étudie. En plus des résultats de l'enquête, l'organisation des droits humains cible en profite donc pour dénoncer le fonctionnement du réseau social : "En tant qu'entreprise, Twitter manque à sa responsabilité de respecter les droits des femmes en ligne en enquêtant et en répondant de manière inadéquate et transparente aux plaintes pour violence et abus."

Elle ajoute même : "La violence et les mauvais traitements subis par de nombreuses femmes sur Twitter ont un effet préjudiciable sur leur droit de s'exprimer librement, sans crainte et de manière égale. Au lieu de renforcer la voix des femmes, la violence et les mauvais traitements qu'elles subissent sur la plateforme les amènent à autocensurer ce qu'elles affichent, à limiter leurs interactions et même à quitter complètement Twitter."

Loin d'avoir une voix "pour avoir un impact sur le monde", "beaucoup de femmes sont au contraire poussées en arrière vers une culture du silence".

Le cyber-harcèlement, c'est ce qu'a par exemple vécu la militante Marie Laguerre qui vient de porter plainte contre X. Les "raids numériques" sont en effet, depuis la loi Schiappa sur les violences sexuelles et sexistes du 3 août, punis jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.

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