L'Espagne durcit sa loi contre le viol en imposant un consentement explicite

La ministre de l'Egalité espagnole Irene Montero défend un projet de loi contre le viol
La ministre de l'Egalité espagnole Irene Montero défend un projet de loi contre le viol
"Seul oui veut dire oui". Ce 6 juillet, le Conseil des ministres espagnol a approuvé un projet de loi sur le viol exigeant l'obligation d'un consentement explicite dans le cadre des relations sexuelles.
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"Rien ne justifie ou atténue une agression sexuelle". L'an dernier, la ministre de l'Egalité espagnole Irene Montero mettait les points sur les i et défendait un projet de loi essentiel positionnant le consentement au coeur de la loi sur le viol. Ce 6 juillet, le Conseil des ministres espagnol a justement approuvé ce projet. Celui-ci formalise noir sur blanc l'obligation d'un consentement explicite dans le cadre des relations sexuelles.

C'est donc une modification du code pénal espagnol actuel qu'engendre cette loi. Est désormais considéré comme un viol ce qui a trait à une "relation sexuelle non consentie". Le mot d'ordre, scandé par les militantes féministes du pays, est donc clair : "Solo Si Es Si", soit "Seul oui veut dire oui". Avant l'approbation par le gouvernement de cette loi, une absence de consentement, si elle n'impliquait pas "de la violence ou de l'intimidation", pouvait simplement être considérée comme un "abus sexuel", et non comme une "agression sexuelle", comme le rappelle Le Figaro.

Et la notion de viol impliquait forcément une pénétration. Une réalité judiciaire que ce projet de loi vise à corriger, pour mieux considérer les victimes.

Une loi importante sur le consentement

"Tout ce qui n'implique pas un consentement explicite de la part de la femme, sera désormais considéré comme une agression sexuelle", détaille le ministère de l'Egalité. Une affirmation que le Conseil des ministres espagnol approuve en ce mois de juillet. "Le consentement ne sera établi que lorsqu'il aura été manifesté librement à travers des actes qui, selon les circonstances, expriment de manière claire la volonté de la personne", développe la loi.

"Cette loi place le consentement au centre, ce qui signifie que les victimes n'auront plus à démontrer qu'elles ont résisté, qu'il y a eu violence ou qu'elles se sont senties intimidées", poursuit sur le même ton la ministre de l'Egalité Irene Montero. Cette dernière explique encore : "L'idée n'est plus de prouver la soumission de la victime, mais le consentement, et tout ce qui n'implique pas un consentement explicite de la part de la femme est considéré comme une agression sexuelle, éliminant également la différence entre abus et agression sexuelle".

Une façon de privilégier aux yeux de la loi la mention "d'agression sexuelle" sur celle "d'abus sexuel" donc, de valoriser les voix des victimes, et également de mieux sensibiliser à la culture du viol, en rappelant l'importance du consentement. "Le but de cette loi est d'éradiquer les violences sexuelles", prédisait Irene Montero l'an dernier. Une ambition conséquente.