Comment me blinder contre les critiques de mes parents (quel que soit mon âge)

Comment gérer les critiques de ses parents ?
Comment gérer les critiques de ses parents ?
Voilà une chose que ni l'école ni la "vie active" ne nous enseignent : faire face aux critiques volontiers virulentes de ses darons. Quelques tips judicieux s'avèrent bien nécessaires pour changer du traditionnel (mais si efficace) "OK boomer". Suivez le guide.
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De nos choix de fringues à notre taf, de notre gestion de la vie d'adulte à l'éducation des enfants, rien n'échappe au regard critique des parents. Darons et daronnes s'accordent volontiers le droit de vous décocher des étoiles comme sur TripAdvisor, avec un art de l'argumentaire pas toujours très solide. Des avis et observations qui n'ont l'air de rien, mais peuvent (vous) blesser. Inconsciemment parfois.

Pas question pour autant de se laisser casser en deux par quelques remarques piquantes. La relation parents/enfants ne cesse jamais d'évoluer au fil des années, si bien que, même adulte, l'on hésite encore volontiers à imposer notre propre opinion alors que les débats semblent déjà clos avant même d'avoir commencé. Et pourtant, il faut parfois se faire violence. Et, surtout, se dire que l'avis d'autrui n'est, au fond, qu'un avis.

Alors, comment gérer les remarques parentales sans bousiller nos propres affects ? En conservant quelques conseils de pro à l'esprit, bien au chaud. En voici cinq à cajoler et à pratiquer au quotidien.

Ne pas tout prendre pour parole d'évangile

Premier petit tip, et pas des moindres, décoché par la psychothérapeute Heather Garbutt du côté du magazine Stylist : "Prendre du recul et se former sa propre opinion sur ce qui est bien et ce qui est mal". Cela coule de source. L'experte nous recommande de remettre complètement en question le regard que l'on porte à nos darons, point de vue forcément empli d'appréhension et d'attentes - disproportionnées, biaisées ou déçues.

"Voyez-les plutôt comme des gens de leur époque avec leurs propres insécurités et histoires, et considérez leurs paroles comme le reflet de leur peur, leur besoin de contrôler, leur inquiétude face à ce que les autres pensent", nous conseille-t-elle afin d'éviter des confrontations verbales trop acerbes. Leur parole n'est pas sacrée !

Comment se créer une carapace face aux critiques de ses parents ?
Comment se créer une carapace face aux critiques de ses parents ?

Mais au lieu d'exclure tout à fait leur parole, un dialogue peut également se nouer au quotidien, petit à petit. Ne pas obéir au doigt et à l'oeil à vos parents n'interdit pas le fait de, simplement, leur demander comment ils feraient ou ce qu'ils diraient dans telle situation, à tel instant T de votre vie. Tendre l'oreille posément, sans forcément appliquer ou s'en affecter. Un équilibre qui nécessite parfois des années de concertation et d'échanges.

Savoir identifier son Pokémon parental

Avant de prendre en compte la forme des arguments déployés, et leurs effets, accordez-vous un petit temps pour saisir leurs origines : à quel type de parent avez-vous à faire ? En somme, quel est votre Pokémon parental ?

Le site Nerdy Creator en dénombre plusieurs sortes : le parent violent sur le plan émotionnel, qui vous affuble de surnoms tout nuls, vous rabaisse, vous sous-estime constamment, le parent anxieux, trop protecteur, celui-là même qui vous critique "par peur de vous voir commettre des erreurs" ou encore le parent négatif, qui vous sert à chaque coup de fil ce dont il enrobe sa vision de la vie : scepticisme, pessimisme, fatalisme.

Savoir identifier la "catégorie" parentale aide à prendre un peu de recul, nuancer la psychologie d'autrui et s'orienter plus aisément sur le chemin de vos émotions et de vos relations - un parcours forcément sinueux. Tout en sachant que parfois, "les parents ne savent tout simplement pas à quel point leurs paroles sont blessantes et à quel point leurs enfants sont sensibles", nous rappelle encore le blog. Une donnée à conserver à l'esprit.

Arrêter de quêter leur approbation (à tout prix)

Petite recommandation salutaire du site Nerdy Creator, toujours : cesser de demander l'approbation de ses parents pour tout et n'importe quoi. Un conseil des plus utiles à un âge où indépendance et libre-arbitre sont là pour vous aider à creuser votre propre voie. Une voie qui, malgré les obstacles et les désillusions, pourrait bien être synonyme d'émancipation. Ce qui n'est pas forcément le cas quand vous quêtez encore un "oui" ou un "non" une année après l'autre. Comme pour mieux vous décharger des responsabilités qui vous appartiennent ?

Les parents : savoir les écouter, mais aussi les contredire. Mode d'emploi.
Les parents : savoir les écouter, mais aussi les contredire. Mode d'emploi.

"Obtenir l'approbation des autres signifie que vous leur demandez la permission de faire quelque chose. Or notre survie ne dépend absolument pas de nos parents.", alerte la revue en ligne. Chercher à tout prix l'approbation, cela signifie également vouloir se conformer par défaut aux normes et aux codes établis par des voix autoritaires qui, tout simplement, ne sont pas vous. Et, enfin, n'envisager cette longue épopée qu'est l'acceptation de soi qu'à travers le prisme du regard des autres. Un vieux réflexe à bannir donc.

Se préoccuper de soi, surtout

Etre soi, un enjeu dingue s'il en est, que les pressions extérieures ne font qu'alourdir et complexifier. Les complexes, le regard parental peut justement en alimenter des tas, fustigeant à l'envi votre look, vos défauts physiques (ou prétendus comme tels), vos relations amoureuses, votre orientation professionnelle, ajoutant des pelletées de terre sur une balance déjà bien investie par les injonctions sociales. De quoi exacerber anxiétés, déprimes, et autres pathologies si peu évidentes à aborder.

Se recentrer sur soi permet a contrario de se réconcilier avec sa propre santé mentale. Cesser de la déléguer en figurante du film de votre vie est nécessaire pour aller mieux et, par extension, affirmer avec plus de volonté et d'inspiration vos désirs, projets et ambitions à votre entourage. Peu à peu, vous l'observerez, jugements, sentiment de culpabilité et obsession de l'opinion d'autrui ne seront plus que de vieux souvenirs.

Ne pas (les) juger pour autant

Ne condamnez pas vos parents. Cette inutilité du jugement peut s'entendre comme une leçon de philosophie : rien ne sert de se prendre la tête quand le temps file et que l'époque est à l'incertitude. Il s'agit de se mettre deux secondes à la place du point de vue parental. C'est la psychothérapeute Akua K. Boateng qui l'explique d'ailleurs très bien à Stylist : "Certains parents trouvent que la critique est un moyen de protéger et de préserver la sécurité de leur enfant, même si leur enfant ne la trouve pas utile".

"Il s'agit davantage de leur façon d'être plutôt que de tout ce qui a à voir avec vous", poursuit Heather Garbutt. Bien sûr, l'excuse de "l'expérience" revient tant lors de vos échanges qu'elle semble vite redondante. Elle est pourtant bien réelle : les parents émettent bien souvent leurs observations à partir de leurs propres expériences. C'est finalement moins de vous que d'eux qu'ils parlent quand ils aiguisent leur prose.

A bon entendeur.