Oui, les femmes enceintes peuvent transmettre le Covid-19 au foetus

Oui, les femmes enceintes peuvent transmettre le Covid-19 au foetus
Oui, les femmes enceintes peuvent transmettre le Covid-19 au foetus
Une nouvelle étude française est formelle : le coronavirus peut se retrouver dans le liquide amniotique, le placenta, le sang maternel, le cordon et en post-natal.
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Alors que l'épidémie de Covid-19 se propageait dans le monde entier, la question du risque pour les femmes enceintes était intervenue rapidement. En mars 2020, les spécialistes s'accordaient à dire que le virus ne se transmettait certainement pas par le placenta, mais potentiellement pendant l'accouchement par l'air ou les selles.

De leur côté, des scientifiques chinois assuraient dans la revue The Lancet que les mères n'étaient pas risque. Sur les neuf cas de femmes au troisième trimestre de grossesse avec une infection confirmée au coronavirus SARS-CoV-2 étudiés, prises en charge dans un hôpital de Wuhan entre le 20 et le 31 janvier 2020, aucune vulnérabilité particulière n'avait été relevée. Leurs enfants, nés par césarienne et dans quelques cas prématurés, n'avaient pas de symptômes infectieux à la naissance et six d'entre eux ont été testés négatifs au virus.

Le 14 juillet, une étude menée par des chercheur·se·s français·e·s et parue dans la revue Nature vient contredire ces précédentes observations.

Le nouveau coronavirus peut non seulement se transmettre par le biais du placenta, mais aussi par "le liquide amniotique, le sang maternel, le sang de cordon et en post-natal", puisqu'il y "a été retrouvé dans des quantités importantes" dans le corps d'une femme dont le bébé est né contaminé, dans la maternité de Clamart (92), affirme Christelle Vauloup Fellous, co-autrice du rapport, au Journal des Femmes.

Une contamination intra-utérine possible

Il s'agit d'un cas isolé, préviennent les expert·e·s, qui démontre toute fois que "la possibilité de transmission du virus en cours de grossesse est donc avérée", poursuit Christelle Vauloup Fellous auprès du média. Elle ajoute cependant que "des études complémentaires permettront de préciser si cette transmission est possible quel que soit l'âge gestationnel et quel que soit la gravité de l'infection maternelle. De plus, ce cas ne nous permet pas de prédire les conséquences à long terme pour cet enfant."

Au bout de deux mois, les signes neurologiques constatés sur le garçon quelques jours après la naissance similaires à ceux de patient·e·s infectés au Covid-19) ont disparu, atteste le rapport. Dans l'hôpital des Hauts-de-Seine, parmi les 35 femmes atteintes du coronavirus qui y ont accouché, aucune autre n'a donné naissance à un bébé contaminé. Deux petits "ont contracté le Covid après la naissance, via des micro-gouttelettes émanant de leurs parents, mais ils vont très bien aujourd'hui", explique Alexandra Benachi, cheffe du service de gynécologie obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère et co-autrice de l'étude, à La Croix.

Un risque plus grand pendant le troisième trimestre

La spécialiste précise que les femmes enceintes doivent bénéficier d'une attention toute particulière concernant le coronavirus lorsqu'elles sont dans leur troisième trimestre de grossesse. "Certaines, qui avaient développé des formes relativement graves de la maladie, ont accouché prématurément, voire très prématurément", confie Alexandra Benachi.

Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens Français (Syngof), appelle quant à lui au bon suivi des mesures de sécurité. "Les femmes au troisième trimestre doivent rester le plus confinées possibles, respecter les distanciations sociales et les gestes barrière", estime-t-il dans les colonnes de La Croix. "Prudence", conclut l'expert.