Cette actrice légendaire a déjà été qualifiée de cougar, dit-elle dans une toute récente interview. Et elle n'en pas honte, défendant la fierté d'être désirée et dénonçant le sexisme anti-vieilles.
Kathy Griffin prend avec humour les remarques sexistes et/ou sexualisantes des hommes envers les femmes d'un certain âge.
L'humoriste et actrice américaine s'est permise de tourner en dérision sa réputation : celle d'une "MILF", autrement dit, d'une croqueuse d'hommes plus jeunes qu'elle.
Voilà ce qu'elle énonce avec beaucoup d'humour dans un tout impertinent et réjouissant échange avec la revue The Cut : « On me traite sans cesse de cougar, mais ça ne me dérange pas. Que voulez-vous que j'y fasse ? Je ne peux pas laisser un corps aussi canon se perdre. »
Un point de vue intéressant à plus d'un titre. On vous explique pourquoi en deux mots.
Kathy Griffin pointe ici du doigt un curieux paradoxe : les hommes ne cessent de commenter le physique des femmes, et leur âge, de constater leur soi disant "date de péremption", de juger si elles vieillissent "bien ou mal", entre autres inepties sexistes... Tout en ne cessant d'associer aux femmes de quarante ans et plus des qualificatifs sexualisants blindés de fantasmes et de "male gaze" libidineux.
Ce sexisme que les femmes subissent au fil des années s'apparente à ce que la jubilatoire Virginie Despentes décrit comme "le marché de la bonne meuf" : marché dont les femmes, selon la gent masculine, sortiraient une fois la quarantaine atteinte. On tutoie là les préjugés de l'âgisme, ce "sexisme anti-vieilles" qui associe discriminations et stigmatisation aux individus, et surtout aux femmes, dès la quarantaine atteinte. Des discriminations aussi bien dénoncées par la journaliste Laure Adler en France que par Jamie Lee Curtis outre-atlantique.
L'actrice américaine fustige en douceur ces étiquettes tout en célébrant son statut, celle d'une femme désirante et désirée. La fierté d'être "aussi canon" s'envisage comme une célébration de soi, une déclaration de self love qui vient clouer le bec des malotrus.
Cette assertion est aussi une riposte bienvenue au body shaming, cette façon qu'ont les internautes souvent anonymes de sans cesse commenter le physique des femmes.