Le rugby, ce sport de gonzesses

Rugby.
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Le rugby n'est pas qu'une affaire d'hommes. Si la bande à Saint-André est actuellement à la conquête de la coupe Webb Ellis, le rectangle vert n'est plus le pré carré des messieurs. Pour preuve : la progression constante du nombre de femmes parmi les licenciés et l'encadrement de la Fédération. Des joueuses en herbe dopées notamment par les excellents résultats du XV tricolore féminin.
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Alors que les gros bras du XV de France balancent tampons et caramels, de l'autre côté de la Manche, à l'occasion de la Coupe du monde de rugby, les féminines viennent d'achever, en toute discrétion, un stage d'avant-saison au Centre National de Rugby de Marcoussis (Essonne). Des Bleues qui poursuivent leur inexorable avancée au sein de l'ovalie tricolore.

Rattachées à la FFR depuis 1989

En effet, rattachées à la Fédération française de Rugby (FFR) depuis 1989 et ne disposant du statut de sportives de haut niveau que depuis la loi Buffet de 2001, les joueuses de l'équipe de France de rugby affichent des résultats qui n'ont rien à envier, bien au contraire, à ceux de leurs homologues masculins. Ainsi, les "rugbywomen" tricolores ont terminé l'an passé à la troisième place de la Coupe du monde féminine organisée en France. Un peu mieux que les hommes qui, en 2007, avaient échoué au pied du podium à domicile.

Un beau parcours, auquel jusqu'à 2,3 millions de téléspectateurs avaient assisté lors de la diffusion des matchs sur France 4, que les joueuses dorénavant entraînées par Philippe Laurent et Jean-Michel Gonzales ont confirmé lors du dernier tournoi des 6 Nations. Les Tricolores (4 victoires et une défaite) se sont même payées le luxe de terminer l'édition 2015 par une victoire à Twickenham face aux championnes du monde anglaises (15-21). Un "crunch" que les hommes n'ont plus remporté sur le sol britannique depuis le 11 août 2007.

Le petite finale de la Coupe du monde de rugby féminin.

Le Tournoi des 6 Nations, une affaire de femmes

Et si comparaison n'est pas raison, il convient tout de même de souligner les parcours diamétralement opposés des deux sélections tricolores lors des quatre dernières éditions du tournois des 6 Nations. Les filles affichent un bilan de 16 victoires pour 4 défaites et un grand chelem réalisé en 2014. Sur la même période, les hommes de Philippe Saint-André se sont inclinés à 10 reprises, gagnés 8 fois et fait 2 matchs nuls sans remporter le tournoi.

Une réussite symbolisée par la capitaine Gaëlle Mignot. La talonneur du Montpellier Hérault Rugby figure dans la liste des trois meilleures joueuses de l'année 2015 retenue par la World Rugby (la fédération internationale de rugby), dont la lauréate sera dévoilée le 1er novembre. La joueuse de 28 ans est nominée en compagnie de la demie d'ouverture néo-zélandaise Kendra Cocksedge et de la 2e ligne irlandaise Sophie Spence.

Féminisation des licenciés et de l'encadrement

Il n'y a pas que la salle des trophées de la FFR qui se féminise, les pelouses accueillent de plus en plus de femmes désireuses d'aplatir le cuir en terre promise. En 2015, 13 498 femmes pratiquent le rugby dans un club à en croire les derniers chiffres publiés par la FFR. Un chiffre en augmentation de 15% par rapport à l'année dernière et même de 237% depuis 2004 où les licenciées n'étaient que 4.000.

Certes les joueuses ne représentent encore que 3,6% des pratiquants de rugby mais ce pourcentage grimpe année après année et la féminisation est également engagée au sein de l'encadrement puisque sur les plus de 50 000 dirigeants de club que compte la Fédération Française de Rugby, 6 133 sont des dirigeantes (+6,4% par rapport à 2014).