Heidi Klum, aussi saluée que controversée au gré de ses styles audacieux et iconoclastes, mannequin tout sauf consensuelle dans la sphère mode, réinvente la très sulfureuse naked dress sur ces images qui font tant jaser sur les réseaux sociaux - et scandalise les regards les plus chastes.
Fashion faux pas ou génie du style ? On analyse pour vous le look de la semaine, dévoilé sous les flashes des photographes aux Grammy Awards, cérémonie musicale au sein de laquelle décidément, les fulgurances fashion ont engendré autant d'émois que d'indignation : Chappell Roan complètement dévêtue (enfin presque : par le truchement d'un effet trompe l'œil saisissant, façon Cédric Grolet de la mode), mais aussi Addison Rae qui dévoile ses fesses en hommage à Marilyn Monroe, etc.
La tendance est de nouveau au "nude" et à la transparence : et cela, Heidi Klum l'a très bien compris. Car sur ces photos que nous vous invitons à découvrir ci-contre, l'égérie est tout sauf frileuse, donnant le la à ses courbes et à sa poitrine dans ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau à cette tenue que le Festival de Cannes voulait faire interdire pour indécence : cette robe transparente que Dakota Johnson et Sydney Sweeney ont si bien incarné, ces derniers mois.
Mais là l'effet stylistique est d'autant plus graphique : Heidi Klum valorise le côté "plastique" de ses oripeaux très "flashy" - où se reflètent les abondantes lumières environnant le tapis rouge des Grammys. D'aucuns comparent la chose à une nappe pour dimanches pluvieux. D'autres saluent son génie créatif incompris...
Heidi Klum sublime l'illusion de la nudité absolue : sa silhouette entière voit ses traits dévoilés dans cette tenue qui en vérité, se joue de ce que notre regard perçoit, et ne perçoit pas. Justement, c'est là le concept de la naked dress : certes, montrer, révéler (sous-vêtements, ou bien anatomie) mais également cacher.
Un paradoxe qui se retrouve sur les images des Grammys, qui suscitent néanmoins d'exacerbées réactions, pas très Marc Beaugé dans le ton : "quelle vulgarité", "pourquoi toutes les stars se dénudent ?", "Encore nue ?", "Vulgaire", "Aucune élégance", lit-on au fil de commentaires épars. La naked dress n'a jamais fait l'unanimité.
Et cela n'est pas prêt de changer.
Malgré tout, dès ses prémices cultes, dans les années 90, sur les épaules de Kate Moss, cette robe transparente provoquait des émois contradictoires : entre la fascination et le scandale. Heidi Klum le sait et s'amuse des contradictions inhérentes à ce style : très souvent "frontale" dans le choix de ses looks, quitte à apparaître en lingerie ou en tenue d'Eve, la superstar n'a que faire de ceux qui jugent la soi-disant "vulgarité" du corps féminin. Elle soutient le discours féministe inhérent à la naked dress : révéler les formes au regard de tous pour mieux dé-sexualiser celles-ci. Assumer ce que l'on est à travers son image.