Culture
La réalisatrice Mounia Meddour remporte le Prix Alice Guy 2020 avec "Papicha"
Publié le 21 février 2020 à 12:15
Le parti pris du Prix Alice Guy ? Mettre en lumière le talent des femmes cinéastes. Le nom de la lauréate de cette troisième édition a été dévoilé ce jeudi 20 février.

A l'heure où la saison des "awards" tire à sa fin, les réalisatrices prennent leur revanche. Honteusement boudées des nominations des grandes cérémonies comme les Golden Globes et les Oscars, les voici à l'honneur d'un très joli prix en France, le Prix Alice Guy. Créée il y a trois ans, cette compétition vise à mettre en valeur les réalisatrices en couronnant le meilleur film réalisé par une femme. Car selon les derniers chiffres du Haut Conseil de l'égalité entre les hommes et les femmes, seules 6% des femmes dans le cinéma sont récompensées. Et ce prix en profite au passage pour remettre à l'honneur la pionnière Alice Guy, première cinéaste de l'Histoire du cinéma et dont la contribution majeure à pas moins de 1000 films a été tout bonnement effacée au profit des frères Lumière.

78 films réalisés par des femmes étaient en compétition cette année. Et suite aux votes des internautes, cinq finalistes ont été désignés : Atlantique de Mati Diop, Jean Vanier, le sacrement de la tendresse de Frédérique Bedos, Papicha de Mounia Meddour, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Proxima d'Alice Winocour. De grandes et belles oeuvres pour un cru particulièrement riche.

Lyna Khoudri et Mounia Meddour lors du photocall du "Déjeuner des Nommés des César 2020, le 9 février 2020. © BestImage

C'est finalement le très beau Papicha de la réalisatrice Mounia Meddour qui a été sacré par le jury composé par la réalisatrice Catherine Corsini (lauréate du prix 2019 avec Un amour impossible), du photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand, l'actrice et réalisatrice Julie Gayet, par le traducteur Emmanuel Denizot, la productrice Marianne Slot et le critique de cinéma Jordan Mintzer.

Inspirée par sa propre adolescence dans une Algérie qui s'enfonce progressivement dans la violence et l'intégrisme, la réalisatrice Mounia Meddour signe avec Papicha le portrait bouillonnant d'une bande de filles insoumises et libres. Un long-métrage au coeur duquel brille notamment la formidable Lyna Khoudri, que nous verrons cette année dans le nouveau film de Wes Anderson, The French Dispatch et qui s'installe comme l'une des favorites pour le César du meilleur espoir féminin 2020.

Par Julie Legendart | Journaliste
Julie Legendart, journaliste spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Culture cinéma News essentielles feminisme Femmes engagées
Sur le même thème
Les articles similaires
"Nous les actrices on est traitées comme de la merde" : Kristen Stewart dénonce le cinéma et le patriarcat
cinéma
"Nous les actrices on est traitées comme de la merde" : Kristen Stewart dénonce le cinéma et le patriarcat
30 janvier 2026
"On vous voit nue..." : Sophie Marceau réjouissante sur ces images d'archives assume sa "sensualité" (et sonne les machos)
people
"On vous voit nue..." : Sophie Marceau réjouissante sur ces images d'archives assume sa "sensualité" (et sonne les machos)
30 janvier 2026
Dernières actualités
Pourquoi les femmes sont-elles obsédées par le true crime ? On s'est plongé dans une enquête sur la "curiosité morbide"
Société
Pourquoi les femmes sont-elles obsédées par le true crime ? On s'est plongé dans une enquête sur la "curiosité morbide"
15 avril 2026
Les femmes de plus de 50 ans, coincées entre emploi et retraite
Bien au travail
Les femmes de plus de 50 ans, coincées entre emploi et retraite
10 avril 2026
Dernières news