Comment survivre au tant redouté "september blues" ? (on vous dit tout)

Spleen de septembre.
Spleen de septembre.
Il y a pire que le sunday blues, ce spleen du dimanche qui nous assaille à l'aune de la rentrée : le september blues. L'appréhension d'un mois de septembre inévitablement gris et nul. Petit guide pour survivre au vague-à-l'âme.
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Le september blues c'est cette "douleur de vivre" qui vous violente à l'approche de septembre. Les prémices d'un mois, mais surtout la fin d'un autre, fait d'excursions estivales, de siestes à l'ombre et de châteaux de sable. A l'inverse, avec septembre débarquent mille et une préoccupations grouillantes. Le retour au bureau, le lever-tôt, les métros de nouveau archi-bondés, et, entre deux plannings, l'arrivée imminente de soirées moins chaudes. Même le très sérieux site de la BBC nous avertit : le mois de septembre est propice à l'anxiété voire à la dépression. "Les jours, plus froids et plus courts, vous semblent lugubres", s'attriste le média britannique.

Car tel que le remarque avec justesse le Huffington Post, le mois d'août est à l'image d'un dimanche qui n'en finit pas. A l'arrivée, "le retour au travail / à l'école / à la vie active" et, en nous, ce désir triste : celui de "rester en mode week end / été" pour toujours. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et, tout bien réfléchi, la mélancolie diffuse du mois de septembre n'est en rien une fatalité. Voilà comment l'appréhender.

Faire des listes

Le meilleur moyen de ne pas s'effondrer sur son lit tel un énorme chat ? Faire des listes. Y inscrire ses projets, ambitions plus ou moins grandes, initiatives de la semaine, aussi bien professionnelles que persos. Faire le bilan, calmement, mais surtout se projeter dans un avenir proche. Déjà, cela vous évite de trop penser aux jours d'été passés - et qui, spoiler alert, ne reviendront jamais, puisqu'ils sont trépassés. Ensuite, cela permet d'attaquer sa rentrée par petites touches, aussi discrètes que concrètes. Il s'agit de mettre de l'ordre dans sa tête malgré ses affects en pagaille.

N'envisagez pas le mois de septembre comme une fin, mais comme un début. Noircir du papier permet de s'organiser, et s'organiser d'éviter les déclencheurs de stress, nous affirme The Huffington Post. Une liste est comme un plan, et c'est à pas de loups que vous finirez par trouver la sortie du labyrinthe. Gérer ses journées a ses vertus, comme "libérer votre cerveau et votre esprit", précise le média. Par "projets", n'allez pas penser qu'il est forcément question de se transformer en serial-entrepreneuse. Se concocter un bon petit plat en est déjà un chouette, qui mérite de figurer sur votre liste. Il suffit d'ailleurs de lire le reportage de la BBC, d'où émane un beau symbole : le ragoût aux haricots comme remède fumant à la mélancolie...

Mélancolie, mon amie.
Mélancolie, mon amie.

Prendre soin de soi

Étonnant, non ? Ne riez pas, c'est du sérieux. S'accorder un temps à soi est nécessaire à l'heure de la rentrée, lorsque que tout reprend soudain (métro, boulot, dodo) et s'accélère jusqu'à la frénésie. Dans ce cadre trop restreint doivent perdurer ces petits moments qui font toute la différence. Comme les gorgées de café noir dans Twin Peaks, voyez vous. Sur son site, la photographe Rachel Vogeleisen nous explique que le mind positive tient à peu de choses, comme une tasse de café, justement. Nous recommanderons cependant le chocolat chaud aux plus gourmand·e·s. Et, surtout, l'inventaire anti-spleen de l'artiste en son intégralité. La nage en premier lieu bien sûr, cette pratique qui libère le corps des femmes en conciliant exercice, retour à soi et sensation de liberté. "Embrassez le calme, laissez-vous flotter et savourez ce moment de méditation", dicte l'érudite.

Dans un second temps, s'inscrire à des activités variées, de l'apprentissage d'une nouvelle langue à l'exercice physique au sein d'une salle de gym, reste une salutaire solution teintée de grands défis. Mais prendre soin de soi, c'est avant tout se déconnecter fugitivement des préoccupations diverses. Une véritable ambition introspective s'il en est. Lorsque Vogeleisen évoque les bienfaits du cappuccino, elle poétise ainsi, simplement : "asseyez-vous dehors si le temps le permet et regardez le monde passer". Dit comme ça, les sucreries anti-spleen que l'on vous propose ont un je ne sais quoi de...spleenétique. Mais c'est d'une mélancolie douce dont il est question, une humeur qui se savoure, a contrario de celle qui violente à grands coups d'idées noires et de maux de ventre. A bon entendeur.

Le mal de septembre.
Le mal de septembre.

Accepter ses sentiments

'Identifiez vos pensées et vos sentiments. C'est normal que la fin de vos vacances vous rende un peu triste et que vous ne vous sentiez pas des plus créatifs. Ne vous battez pas et respirez profondément", recommande dans la même mouvance "zen attitude" le site de bien-être Healthy Magazine. En somme, prônez l'état d'esprit de la série Lost (celui du "move on") afin de pouvoir "laisser aller" et de passer à autre chose. En phase avec les préceptes traditionnels du développement personnel, l'idée d'acceptation des sentiments inclue en elle les affects les plus négatifs. Feindre de les étouffer dans l'oeuf n'est jamais une bonne chose. Il faut au contraire les accueillir pour mieux les comprendre, aussi douloureux soit ce face à face mental.

Car vous le savez déjà, mais le blues n'est pas une notification Twitter que l'on swipe d'un simple geste de la main. Afin d'équilibrer sa situation morale, le site Health Assured propose en parallèle, pour chaque semaine de septembre, de se féliciter des petites et grandes réussites de votre routine personnelle et professionnelle. Accorder du crédit à ce que l'on fait vaut parfois une bonne respiration.

Le blues aussi fait sa rentrée.
Le blues aussi fait sa rentrée.

Tirer profit du blues

Si l'on en suit cette dernière réflexion, le meilleur moyen de lutter contre le september blues est de lui tendre les bras. Sans s'y noyer cependant. Refinery29, notre petite Bible pour millennials, met en lumière l'ambiguïté de cette mélancolie singulière, et de fait la difficulté de ne pas y sombrer : puisqu'il est la conséquence d'un mois d'août qui agonise, le spleen de septembre éclot moins d'une nostalgie aiguë que de l'appréhension d'une "détresse future". Plus les vacances s'éloignent, devenant de vieux souvenirs fantasmés, plus cette pensée de "détresse" nous accable : demain sera forcément moins bien qu'hier, et les galères sont de retour.

Mais tout blues a ses vertus insoupçonnées. Il suffit de creuser. Et de se plonger dans les songes de grands esprits, à l'image de l'auteur Eric G. Wilson, à qui l'on doit une ode à la mélancolie intitulée Contre le bonheur: éloge de la mélancolie (voilà qui est clair). L'excellent site culturel Brain Pickings nous en dévoile quelques lignes : "la mélancolie engendre un sentiment profond face à l'anxiété, une turbulence cardiaque qui conduit à une remise en question, un désir perpétuel de créer de nouvelles façons d'être et de voir". A le lire, la mélancolie n'a rien d'une menace face à un bonheur hypothétique qui ne serait qu'un "réconfort superficiel", et rien de plus. Le blues, c'est, à l'inverse, des "agitations de l'âme". Quelque chose qui se meut. Et qui stimule ! Car le spleen est "une source d'inspiration pour inventer". Des méditations que l'on vous souhaite de trouver en ce mois de septembre sans pitié pour les grand·e·s angoissé·e·s.