La moitié des femmes ne prendrait pas leur pied au lit (et c'est un problème)

La moitié des femmes ne prendrait pas leur pied au lit (et c'est un problème)
La moitié des femmes ne prendrait pas leur pied au lit (et c'est un problème)
Une étude australienne l'affirme : 50,2 % des femmes interrogées serait peu épanouies sexuellement. En cause, le stress que le coït provoque.
A lire aussi

La sexualité féminine est taboue, ça ne date pas d'hier. Il n'y a qu'à regarder les combats de ces dernières années pour intégrer le clitoris dans les livres scolaires (un sur huit seulement peut se targuer de donner une reproduction entière et correcte de l'appareil génital féminin), pour s'apercevoir que le sujet effraie - et que le silence qu'on lui a longtemps assigné a créé une méconnaissance nuisible. 84 % des filles ne savent d'ailleurs pas représenter l'organe uniquement dédié au plaisir.

Le plaisir, c'est justement l'objet d'une nouvelle étude australienne, menée par l'université de Monash. 7000 femmes âgées de 18 à 39 ans y ont été interrogées, afin de déterminer leur épanouissement sexuel. Et les résultats, inquiétants, parlent d'eux-mêmes : 50,2 % d'entre elles admettent ressentir une forme de détresse dès qu'il s'agit de faire l'amour. Du stress, de la culpabilité, voire un mal-être quelconque autour du sexe.

Un cinquième d'entre elles (20,6 %) éprouvent même des troubles qui correspondent à un dysfonctionnement sexuel féminin (DSF) : manque d'excitation, de désir, difficulté à atteindre l'orgasme ou dyspareunies (douleur pendant un rapport).

Pressions et dépression

Pour les chercheur·se·s, cet inconfort nocif ressenti par la moitié des femmes peut s'expliquer par la prise d'anti-dépresseur (20 % des sondées y ont recours), ainsi qu'une faible estime de soi.

Ce sentiment nocif se nourrit des pressions sociétales incessantes qui planent sur leur physique et leur mode de vie en général. Elles décrivent ainsi le surpoids, le fait de ne pas être mariée ou de vivre avec un partenaire, ou encore d'être mariée et d'allaiter comme sources de leur "bloquage". Tous les cas de figure, en gros, mènent à cet état qu'elles aimeraient voir disparaître. Un constat qui en dit long sur le quotidien des femmes, en 2020.

Susan Davis, autrice principale et professeure de santé des femmes à l'université Monash affirme le rapport soulève un fléau qu'on ne peut plus ignorer. Elle alerte : "Le bien-être sexuel est reconnu comme un droit humain fondamental. Il est très préoccupant qu'une jeune femme sur cinq souffre d'un dysfonctionnement sexuel apparent et que la moitié des femmes de ce groupe d'âge éprouvent une détresse personnelle liée à la sexualité".

Préparer les professionnel·le·s de santé

L'experte le martèle : "Il s'agit d'un signal d'alarme pour la communauté et d'une indication de l'importance pour les professionnels de santé d'être ouverts à discuter des problèmes de santé sexuelle des jeunes femmes". Car la détresse personnelle liée au sexe, comme les DSF, peuvent avoir un impact sur les relations et la qualité de vie globale des femmes à mesure qu'elles vieillissent. Et les conclusions de l'étude pointent l'urgence de la situation.

"Il est important que les soignants, en particulier ceux qui travaillent dans les domaines de la gynécologie et de la fertilité, soient bien préparés à interroger régulièrement les jeunes femmes sur leurs problèmes de santé sexuelle et à mettre en place un système de gestion ou d'orientation approprié", insiste la professeure Davis. A bon entendeur...