Cannes 2014 : les excuses de l’Iranienne Leila Hatami après sa bise à Gilles Jacob

Cannes 2014 : les excuses de l’Iranienne Leila Hatami après sa bise à Gilles Jacob
Cannes 2014 : les excuses de l’Iranienne Leila Hatami après sa bise à Gilles Jacob
L’actrice iranienne Leila Hatami, membre du jury du festival de Cannes, a dû s’excuser publiquement après avoir fait la bise à Gilles Jacob, vendredi 23 mai. Le geste de l’actrice avait indigné les religieux et les milieux conservateurs en Iran.
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« Ces dernières années, j'ai eu de nombreuses propositions pour travailler dans des films étrangers que j'ai refusé car ma priorité est de continuer mes activités dans le cinéma iranien. Ainsi, dans tous les festivals internationaux auxquels j'ai participé, j'ai toujours respecté les conventions de mon pays. Avant de m'engager dans l'aventure du Festival de Cannes, j'avais prévenu les responsables de ces détails à respecter. Mais, Monsieur Gilles Jacob, proche des 90 ans et qui passe sa dernière année à la tête du Festival a peut-être du fait de son grand âge oublié mes recommandations, ce qui serait compréhensible. J'avais tenté d'ailleurs de lui serrer la main, sans succès. De toute évidence, il est pour moi un grand-père et de plus mon hôte. »

L'Iran indigné après la bise de Leïla Hatami à Gilles Jacob

« Même si j'ai honte de me justifier, pour ceux qui n'ont pas compris la situation délicate dans laquelle je me suis retrouvée, je préfère donner ces explications. Quoi qu'il en soit, si j'ai heurté la sensibilité de certains, j'en suis désolée. Car moi-même j'ai été éduqué par un père dont personne n'ignore le respect pour la religion et l'identité iranienne. » Voici les explications complètes de Leila Hatami, actrice iranienne, qui a notamment joué dans "Une séparation", à propos de la bise qu’elle a échangée avec Gilles Jacob, le président du festival de Cannes. Un geste qui a suscité l’indignation en Iran.

Le vice-ministre de la Culture, Hossein Noushabadi, avait estimé que les Iraniennes qui participaient à des évènements internationaux « devraient prendre en compte la crédibilité et la chasteté des Iraniens, afin de ne pas montrer une mauvaise image des Iraniennes ». Des étudiantes de l’Etat perse avaient même annoncé avoir porté plainte contre l'actrice. Elles affirmaient que son geste volontaire était un péché et qu'il heurtait le sentiment religieux, réclamant qu'elle soit condamnée à recevoir des coups de fouet et à une peine de prison. Pour rappel, selon la loi islamique, en vigueur en Iran depuis la révolution de 1979, une femme ne peut pas avoir de contact physique avec un homme étranger à sa famille.