Gamergate : Zoe Quinn lance un site anti-harcèlement

Gamergate : Zoe Quinn lance un site anti-harcèlement
Gamergate : Zoe Quinn lance un site anti-harcèlement
Cible d'attaques sur les réseaux sociaux en 2014, la blogueuse jeux vidéo Zoe Quinn a décidé de lancer son propre site afin de prévenir le harcèlement en ligne. Lancée il y a quelques jours, la plateforme dénonce déjà plusieurs cas d'abus sur certains forums.
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A l'originie du jeu vidéo Depression Quest, une fiction interactive qui aborde le sujet de la dépression, Zoe Quinn ne se doutait qu'elle deviendrait le porte-drapeau des victimes du harcèlement en ligne. Depuis sa mésaventure de l'été dernier, la jeune Américaine a décidé d'aider les victimes de menaces et violences sur internet en créant une plateforme inédite, destinée à combattre les faits de harcèlement.

La mésaventure en question recouvre une réalité plus large, connue sous le nom de GamerGate. En août 2014, Zoe Quinn, en vue dans l'univers des jeux vidéo indépendants, voit son nom jeté en pâture sur les sites 4chan, Reddit et les réseaux sociaux. Remarques sexistes, vie privée exposée sur internet, menaces diverses, piratages de comptes... La jeune femme de 28 ans devient la cible de harcèlement de la part d'une communauté de gamers.

Campagne de slut-shaming

Son tort : avoir été accusée par son petit copain de l'époque, Eron Gjoni, de l’avoir trompé avec un journaliste du site spécialisé Kotaku, afin d'obtenir de lui, selon les plus suspicieux, une critique élogieuse de son jeu Depression Quest. Si d'aucuns affirment que jamais l'article en question n'a été mis en ligne par l'auteurs, certains pro-GamerGate affirment qu'un papier a bien été publié par le site spécialisé. « Il y a bien eu un article pour promouvoir Depression Quest sur Kotaku, par Stephen Totilo qui était bien en relation avec elle », nous précise ainsi @Cyborgwolf sur Twitter.  La vie de la blogueuse s'est ainsi trouvée bouleversée du jour au lendemain. Une infime partie de la vaste communauté du jeu vidéo se lançant dans une campagne de slut-shaming à son encontre.

Crash Override


Quatre mois plus tard, et alors que la tension autour de la plus grande entreprise de haine et de sexisme qu'ait connu le jeu vidéo est retombée, Zoe Quinn est bien décidée à prendre sa revanche. Le 16 janvier dernier, l'Américaine a lancé la plateforme Crash Override, avec l'aide d'un autre développeur, Alex Lifschitz. Objectif de ce nouveau site : combattre le harcèlement en ligne en proposant aux internautes un accès gratuit à des conseils et services émanant d'experts en surveillance informatique.

« Devenir une cible est très aliénant, et il est vraiment difficile d’expliquer cela aux proches, aux membres de leurs familles », a expliqué Zoe Quinn à l'ouverture du site. Parmi les conseillés sollicités par Crash Override, des représentants de la justice, des informaticiens, des experts en sécurité mais aussi des hackers. En réunissant ces professionnels, pour la plupart déjà confrontés au harcèlement par le passé, la demoiselle espère pouvoir venir en aide à des victimes qui, comme elles, se sont trouvées désemparées face au flot de menaces et violences que peut générer la toile.

Crash Override : un avenir financier incertain ?

Malgré son lancement récent, l'initiative de la blogueuse semble déjà rencontrer un écho favorable. Les membres de la plateforme, qui surveillent de façon constante les menaces de harcèlement sur les forums, ont ainsi pu repérer, près d'une semaine à l'avance, une tentative de « swatting » dans la ville de Enumclaw, dans l'Etat de Washington. La technique du swatting consiste à faire venir le SWAT ou la police au domicile d’un internaute en accusant ce dernier de crimes qu'il n'a pas commis.

En marge de l'ouverture du site, l'équipe a également ouvert son propre compte Twitter. Celui-ci relaie les témoignages de victimes de harcèlement qui expliquent en quoi Crash Override a pu leur être utile. Si selon Wired, Zoe Quinn et Alex Lifschitz financent pour le moment eux-mêmes le site, le duo déclare se réserver le droit de lancer un appel aux dons en fonction de leurs besoins futurs.

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