Parité : l'explosion des réseaux féminins professionnels

Parité : l'explosion des réseaux féminins professionnels
Parité : l'explosion des réseaux féminins professionnels
En quelques années, le nombre de réseaux féminins a doublé. Les femmes sont de plus en plus demandeuses de ces structures pour les aider à rencontrer les bonnes personnes, gérer leur carrière, et pourquoi pas, briser le fameux « plafond de verre ».
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Les « club » ou afterworks entre collaborateurs ont longtemps été des pratiques masculines. Mais depuis quelques années, les femmes ont compris l’intérêt des réseaux, formels ou informels, pour donner un coup de pouce à leur carrière. Ainsi, le nombre de réseaux féminins serait passé de 200 en 2006 à au moins 400 aujourd’hui. « C’est une tendance très nette » confirme Caroline Lagayette, responsable du pôle conseil de l’agence TFCo, spécialiste de la création de réseaux féminins, « même si les réseaux féminins ne sont pas nouveaux, on constate une accélération, liée à une meilleure perception de leur rôle dans les entreprises. »

Ils peuvent être sectoriels (assurance, banque, secteur médical, etc), ou internes aux entreprises. Des sociétés comme SNCF, Casino, PSA Peugeot Citroën, Onet Technologies, Caisse des Dépôts, ou encore BNP ont toutes créé leur réseau féminin durant ces trois dernières années. Ces structures démarrent avec l’objectif de faire monter plus de femmes en haut de la pyramide.  C’est sur cette base qu’est né l’un des premiers réseaux féminins chez France Télécom dans les années 90 : « On s'est demandé pourquoi il n'y avait pas plus de femmes à la tête de nos sociétés et on a trouvé plein de raisons », explique à l’AFP Marie-Claude Peyrache, qui fut à l’origine du projet. « Par exemple à l'époque, pour obtenir des postes clés, une mobilité géographique était exigée, alors de nombreuses femmes ne postulaient pas ».
Plus tard, le réseau est parvenu à imposer le critère d’une mobilité fonctionnelle, faisant progresser le nombre de femmes cadres dirigeantes, puis la structure s’est élargie à d’autres entreprises technologiques. En effet, une fois créés et installés, « les réseaux internes ont en général besoin de s’ouvrir pour se renouveler et continuer à être actifs », explique C. Lagayette, citant l’exemple de Financi’elles qui fédère des réseaux de femmes du secteur Banque/Assurance.

Les méthodes de ces réseaux ne sont pas forcément celles des réseaux « masculins ». Au-delà des échanges entre collaboratrices, mises en relation avec des recruteurs, et actions de lobbying, certaines organisations s’orientent clairement vers le mentoring, et le coaching. Média-training, ateliers de gestion de carrière, prise de confiance, management dans les équipes masculines : les séances de coaching collectif ou individuel séduisent les membres de ces réseaux, et sont de plus en plus souvent initiés par des directeurs RH ou responsables de réseau interne. « Via des séances de coaching, des formations, du tutorat, on travaille sur les femmes elles-mêmes, pour les rendre plus visibles et les inciter à postuler à certains postes », souligne Marie-Claude Peyrache.

Pour C. Lagayette, c’est une stratégie d’équilibriste à adopter, entre un réseau tourné vers lui-même et vers la performance de l’entreprise : « Les réseaux féminins ont besoin de prouver leur utilité vis-à-vis du business pour exister dans le temps. En même temps, si le réseau ne répond pas aux besoins spécifiques des femmes - accompagnement sur les problématiques de gestion de carrière, de conciliation des temps de vie, etc.-, il risque de s’éloigner aussi de sa raison d’être. Donc il y a un équilibre à trouver qui n’est pas simple, et qui doit être soutenu par une parole de conviction des dirigeants. »

Quant aux retombées de ces réseaux à la fois sur les carrières féminines et sur les entreprises, elles sont diverses : « faire partie d’un réseau est une très bonne occasion de visibilité, et de développement personnel. Un réseau peut permettre aux femmes de participer à des réflexions transverses dans l’entreprise et d’apporter un regard différent ou innovant ».
S’investir dans une telle structure est aussi un bon moyen d’apprendre à cultiver son propre réseau ; une habitude pas forcément prise par les femmes, qui espèrent que leur travail et leur expertise suffiront à leur apporter la reconnaissance qu’elles méritent. Pour Caroline Lagayette, les deux aspects sont complémentaires, quand on est compétente, « il faut aussi oser faire connaître sa réussite ». A bonne entendeuse…

Source : l’Express.fr
Crédit photo : Digital Vision

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