Trentenaires et entrepreneuses : elles réseautent à la pause dèj'

Trentenaires et entrepreneuses : elles réseautent à la pause dèj'
Trentenaires et entrepreneuses : elles réseautent à la pause dèj'
Ces drôles de dames de la création d'entreprise se réunissent toutes les deux semaines pour des déjeuners d'entrepreneuses. Au menu : un club féminin à leur sauce et dont la mayonnaise commence à monter. Les trentenaires Camille, Éloïse, Gabrielle et Mariam croient au pouvoir des réseaux et avancent dans le monde entrepreneurial à grands pas, chacune à la tête de sa structure. Rencontre avec ces quatre aventurières de l'entreprise.
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Le poulet est au four, les petites pommes de terre rissolent, les pâtisseries fines attendent l’heure du dessert et autour de la table joliment dressée, la discussion bat déjà son plein. Entre deux bouchées, on y parle business plan, statuts d’entreprise, développement de réseau, nouveaux clients… Bienvenue aux déjeuners d’entrepreneuses, un réseau pas comme les autres. Initié par quatre jeunes trentenaires, chefs d’entreprise en herbe et déjà débordantes de bonnes idées, ce club de rencontres professionnelles bouillonne d’énergie. Deux fois par mois, Gabrielle Rouault de la Vigne, 28 ans, Mariam Kamara 31 ans, Éloïse Laubez 28 ans et Camille Amblard, 34 ans, se réunissent ainsi autour d’un bon déjeuner pour parler business. Toutes issues de domaines différents, elles ont une passion en commun : la création d’entreprise. Et pour ces débutantes déjà averties, rien ne vaut les échanges d’expériences pour avancer plus vite et mieux. « On a eu tout de suite beaucoup de choses à se dire et à s’apprendre », confie l’enthousiaste Éloïse, instigatrice de ce réseau et qui est à la tête de Louise Paris, site de vente de vêtements et accessoires de luxe seconde main. « Quand j’ai rejoint les déjeuners, je n’avais pas encore fait le choix des statuts de ma société », raconte quant à elle Gabrielle, qui a rencontré Éloïse par une amie commune. Alors qu'elle vient de lancer l’agence les Visites particulières, qui propose des visites thématiques de hauts lieux d’art, cette ancienne chargée de communication au Louvre trouve dans ces réunions les conseils avisés de jeunes femmes qui tracent le même chemin qu'elle. « Ici, tout est rapide, on parle la même langue. On s’appelle aussi beaucoup, pour une information, un conseil, un bon contact… » Mariam approuve. Cette juriste de formation, passée par New York pour ses études, fait un peu office de senior du groupe : elle a monté sa société de nounous bilingues il y a deux ans déjà, et mène aujourd'hui d’une main de maître une entreprise florissante qui emploie 200 nannies au service de 246 familles. « On se motive aussi beaucoup. Nous sommes toutes plus ou moins passées par les mêmes étapes, ce qui nous permet de nous aider pour tous les aspects d’une création d’entreprise de l’administratif au financier en passant par le graphisme de notre site Web par exemple ». 

« C’est du business, mais à notre façon »

Mais toutes soulignent surtout l’importance de ce soutien bienveillant que leur apportent leurs comparses. « On se sent moins seule, on peut se confier sans tabou. Ça fait un bien fou ! », confie Camille, qui vient de lancer sa marque de bijoux. C’est là l’atout premier de ce club au féminin : entre elles, les entrepreneuses se lâchent, n’ont pas peur de poser des questions qui fâchent et installent un vrai système d’échange. Mais attention : derrière l’apparente décontraction et l’ambiance très « déjeuner entre copines », c’est avant tout de travail dont il est question. « C’est du business, mais à notre façon », souligne Gabrielle. Très rapidement, les jeunes femmes ont en effet trouvé leur rythme de croisière et décidé d’élargir leur réseau au fur et à mesure. À d’autres femmes, uniquement. À chaque nouveau déjeuner, on croise ainsi de nouveaux visages qui viennent se greffer au groupe des quatre. Ce jeudi midi, Jeanne Boulart et Barbara Belvisi sont de la partie. La première a créé sa société d'événementiel il y a deux ans : « Il n’y avait pas de boulot sur le marché du travail, alors je me suis lancée. Toutes les énergies sont désormais les bienvenues », raconte-t-elle. Barbara a quant à elle créé sa société de conseil en levée de fond PiedElephant et confie voir beaucoup de femmes monter leur boîte. « Avec la crise, il y a de vraies opportunités que les jeunes entrepreneuses n’hésitent pas à saisir », observe-t-elle

Les filles se serrent les coudes

Et les hommes dans tout ça ? Absents à l’appel, et volontairement. Le quatuor entend en effet rester entre femmes, « parce qu'on a des problématiques de femmes et une approche différente de beaucoup des hommes avec lesquels on a pu travailler ». Mariam résume ainsi la pensée de toutes : « on n’a pas la même façon de travailler que les hommes. Nous, on met en avant l’humain, on privilégie les relations avec nos employés, nos partenaires ». Gabrielle enchaîne : « On travaille plus au feeling et en fonction de l’intérêt du projet, les hommes sont généralement plus intéressés par l’argent, la rentabilité de leur boîte ». Dans un milieu qui, de l’aveu de certaines, peut facilement être misogyne, les filles se serrent les coudes. « On nous demande d’être au top, de faire nos preuves plus que les autres, de présenter bien, bref, de prouver à chaque fois qu'on est au meilleur de nos capacités », analyse Barbara. Mais Gabrielle l’assure, dans le monde de la création d’entreprise, être une fille « c’est aussi un atout ». « On fait aussi des rencontres que l’on n’aurait peut-être pas faites sinon », glisse-t-elle. Et assurément, l’union fait leur force.

Mariam Kamara, 31 ans, fondatrice de Pikaboonanny
Gabrielle Rouault de la Vigne, 28 ans, fondatrice de Les Visites particulières
Éloïse Laubez, 28 ans, fondatrice de Louise Paris
Camille Amblard, 34 ans, fondatrice de Camille Amblard, Bijoux Paris

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