Fête des secrétaires : le métier évolue, les stéréotypes restent

Fête des secrétaires : le métier évolue, les stéréotypes restent
Fête des secrétaires : le métier évolue, les stéréotypes restent
Le 18 avril, on fête officiellement les secrétaires. L'occasion de faire le point sur ce métier et les nombreux stéréotypes qui lui sont attachés. Nous avons interrogé Sabrina Bellahcene, assistante de direction et auteure de « Mon chef, ce héros : Assistantes, rebellez-vous ! ». Interview.
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Terrafemina : Qu’est-ce que veut dire être secrétaire aujourd’hui ?

Sabrina Bellahcene : Le métier a beaucoup évolué. Si les secrétaires restent des facilitatrices de vie, les nouveaux portails et les nouveaux outils de communication ont complètement bouleversé la donne. Il est rarement question de saisie ou de mise en forme, comme dans l’imagerie de la secrétaire des années 1960. De même, le concept de l’assistante dévouée à une seule personne n’existe plus. Aujourd’hui une secrétaire doit être polyvalente, doit anticiper les besoins. On m’a demandé les choses les plus inattendues : des tee-shirts personnalisés pour une réunion qui devait se tenir deux heures plus tard, paramétrer un iPad alors que je n’en avais jamais eu dans les mains. Ce genre de situation ne serait pas arrivé il y a encore quelques années.

Tf : Quelle distinction fait-on entre secrétaire et assistante ?

S. B. : Il n’y en a pas. C’est simplement une question de terminologie et de culture d’entreprise. La secrétaire est dans l’idéologie moins dans l’initiative que l’assistante, mais l’un comme l’autre sont des postes qui restent très limités en termes d’évolution de carrière. C’est pour cette raison qu’un nouveau terme émerge depuis peu : office manager, une dénomination qui tranche avec celle de secrétaire ou d’assistant. L’office manager évoque un poste à part entière, qui offre des perspectives d’évolution et une nouvelle vision de ce métier, plus un accord avec le monde du travail d’aujourd’hui.

Tf : Seuls 2% des secrétaires sont des hommes. Pensez-vous que ce chiffre va évoluer ?

S. B. : Très peu. Ça risque de durer. Comme les métiers d’infirmière, de nounou, celui d’assistante renvoie une image très maternelle, celle de la facilitatrice de vie. Et puis, on le disait précédemment, ce métier n’est pas la voie royale vers une évolution de carrière. Le seul homme secrétaire que j’ai rencontré était celui d’un homme politique et ses perspectives étaient toutes autres. Pour que cette situation évolue, il faut à la fois que la conception du métier change dans les entreprises et que ces dernières investissent dans la formation des secrétaires. Ce poste est limité mais pas la personne qui l’a en charge !

Tf : Les stéréotypes pèsent-ils toujours sur les secrétaires ? En avez-vous beaucoup souffert ?

S. B. : Dans ma vie personnelle de moins en moins. Je ne suis plus catégorisée comme je l’ai été quand j’étais plus jeune. Évidemment, mon métier suscite moins la curiosité que celui d’un neurochirurgien mais les conditions de travail étant difficiles pour tout le monde, il y a moins de jugement de valeur. En somme, le modèle de la secrétaire soit jolie et stupide, soit vieille avec un chignon est un peu dépassé. Au bureau en revanche, les stéréotypes ont la peau dure : tu es gentille mais on ne te demande pas ton avis. On m’a aussi souvent reproché de ne pas être suffisamment dans le cliché de la secrétaire parce que je ne portais pas de tailleur noir, avec un chemisier blanc en étant féminine jusqu’au bout des ongles... Les clichés qui perdurent sur les femmes au travail sont décuplés lorsque l’on fait un métier comme celui-ci.

Mon chef, ce héros : Assistantes, rebellez-vous ! de Sabrina Bellahcene, éditions Les Petits Matins, 12 euros.

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