Le numéro vert pour salariés en détresse, nouveau recours des entreprises

Le numéro vert pour salariés en détresse, nouveau recours des entreprises
Le numéro vert pour salariés en détresse, nouveau recours des entreprises
De nombreuses entreprises françaises proposent un service d'aide téléphonique à destination de leurs salariés en détresse. Accessible 24 heures sur 24, ce service, qui met les salariés désarçonnés en relation avec des psychologues, a été pensé pour faire face au mal-être au travail.
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En souffrance au travail ? Il est désormais possible, dans certaines entreprises, d'avoir accès à un numéro vert à composer en cas de malaise psychologique. Composées de psychologues qui garantissent l'anonymat aux salariés, ces cellules d'écoute sont parfois accessibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour assurer une assistance permanente afin d'éviter les burn out ou certains drames irréversibles.

Le recours à ce dispositif a été vivement recommandé par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) en mai dernier dans un avis sur la prévention des risques psychosociaux. « Relativement simple », il permettrait d'améliorer la détection et la prise en charge de risques qui restent « encore tabous » et « sous-estimés », a indiqué Sylvie Brunet, auteur du rapport du Cese, à l'AFP.

En France, de nombreuses entreprises ont déjà mis en place ce service, les grandes entreprises du CAC 40 ainsi que les 200 plus grandes entreprises françaises en sont équipées. David Mahé, président du cabinet de prévention Stimulus, explique pourquoi, selon lui, ce service a son utilité dans le monde professionnel : « C'est à la fois neutre, extérieur, anonyme, bienveillant, et [cela] permet au salarié de trouver une écoute qu'il peut ne pas trouver en interne ». Une à deux fois par an, l'entreprise reçoit quant à elle, une synthèse des appels qui ne comprend aucun nom de salariés, pour lui permettre d'identifier des « facteurs de risques », précise David Mahé.

Surmenage, stress, les problèmes en entreprise sont nombreux si l'on en croit la psychologue Maria Ouazzani, qui évoque pour l'AFP des « problèmes relationnels avec la hiérarchie ou les pairs », un « manque de reconnaissance au travail », des problèmes de charge de travail (surcharge ou sous-charge) ainsi que des difficultés personnelles. Malgré l'ensemble de ces problèmes éventuellement rencontrés, ce service d'écoute ne concernerait qu'1 à 2% de l'effectif d'une entreprise chaque année. Un chiffre qui s'explique peut-être par une certaine méfiance de la part des salariés, vis-à-vis d'un système d'aide directement commandité par l'entreprise elle-même.

Camille Coutant

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