Égalite professionnelle : repenser l'organisation du travail au féminin

Égalite professionnelle : repenser l'organisation du travail au féminin
Égalite professionnelle : repenser l'organisation du travail au féminin
Alors que Najat Vallaud-Belkacem présentera son projet de loi sur l'égalité hommes-femmes au Sénat la semaine prochaine, le Laboratoire de l'égalité organisait jeudi ses États généraux de l'égalité. Dans sa ligne de mire : l'univers du travail. L'objectif : repenser l'organisation du travail pour une meilleure répartition entre hommes et femmes.
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Selon une enquête Médiaprism, 67% des Français se disent préoccupés par les inégalités entre les femmes et les hommes, que ces dernières touchent les salaires ou le partage des tâches ménagères. À la veille de l’examen au Sénat du projet de loi sur l’égalité hommes-femmes de Najat Vallaud-Belkacem, le Laboratoire de l’égalité tenait justement ses États généraux sur le même sujet jeudi 12 septembre. Au cœur des débats : repenser l’organisation du travail pour assurer l’égalité dans le domaine professionnel. « Les organisations du travail ne se sont pas adaptées à l’arrivée massive des femmes dans le salariat », constate en effet Dominique Méda, professeure à l’université de Paris Dauphine. Ce que souligne également Nathalie Andrieux, DGA numérique du groupe La Poste : « L’organisation au travail a été faite par les hommes pour les hommes. Soit les femmes s’adaptent, soit elles adoptent les codes des hommes, et dans tous les cas pour l’entreprise c’est improductif car on se prive de talents », analyse-t-elle. « Promouvoir l’égalité c’est rétablir l’égalité, en corrigeant des inégalités », assure-t-elle. 

« Des actions mesurables pour la promotion des femmes »

Une politique mise en œuvre chez Randstad France dont le directeur général, Abdel Aïssou était justement venu partager les good practices. « Chez nous par exemple, les écarts salariaux injustifiés sont inférieurs à 1%. Ce n’est pas compliqué à mettre en œuvre : nous demandons simplement aux managers de nous expliquer le sens des promotions accordées », explique le DG. Autre mesure appliquée : « nous payons les cotisations retraites à un temps plein même pour les temps partiels ». Ce, en plus des réunions prohibées le vendredi, de la création d’une crèche, d’un système de garde d’urgence ou encore d’une salle d’allaitement pour les jeunes mamans… Du côté de Mediapost Communication, dont Nathalie Andrieux est également la présidente, l’organisation du travail a également été repensée pour rétablir l’équilibre entre hommes et femmes. Recrutements, journées de travail aménagées, le tout est de « mettre en place un projet stratégique, dans lequel on inscrit des actions mesurables pour la promotion des femmes », résume la chef d’entreprise. 

« Force de débat mais pas force de loi »

Suite à une journée de débats, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a rappelé la nécessité de « traiter de façon transversale la question des droits des femmes », avec une recherche systématique d’« efficacité ». Alors que le Sénat examinera à partir du 16 septembre son projet de loi, la ministre rappelle ainsi sa volonté affichée d'« assurer la pleine effectivité des droits des femmes qui sont déjà fixés dans les lois existantes, en matière d’égalité professionnelle ». Car comme l’a rappelé Yvette Roudy, ancienne ministre présente durant les États généraux de l’égalité, « ce genre de colloque est force de débat mais pas force de loi ».