Microcultures : quand les fans financent des projets artistiques

Microcultures : quand les fans financent des projets artistiques
Microcultures : quand les fans financent des projets artistiques
Alors que l'industrie de la musique a connu des jours meilleurs, leur petite entreprise ne connaît pas la crise. Avec Microcultures, Jean-Charles Dufeu et Louis-Jean Teitelbaum produisent et accompagnent des groupes de musique. Portrait de deux entrepreneurs qui cultivent les talents.
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À 29 ans, ils sont à la tête de leur propre label de musique d’un genre particulier et innovant. « Nous avons lancé le pari de la production artisanale en organisant des collectes de fonds auprès du public afin de financer la réalisation des albums », explique Jean-Charles Dufeu. « Nous ne sommes pas des dénicheurs de talents, mais nous révélons et accompagnons ces artistes », précise Jean-Charles Dufeu. L’idée : capitaliser sur les fans qu’ont déjà les groupes et les impliquer en amont des projets… C’est ainsi que naît Microcultures, en 2010. « L’idée a germé en 2009, rappelle Jean-Charles. J’avais déjà une expérience artisanale de production de disques et des expériences chez des labels et dans la distribution musicale ». Quant à Louis-Jean, il est familier des plateformes et des usages internet. « Nous avions envie de monter une maison de production différente, en fondant le système du crowdfounding dans une politique éditoriale de label forte ».

En 2010, ils réalisent une première collecte de 5 000 euros auprès des premiers contributeurs du site. Cela leur permet de préparer la fabrication de l’album, l’organisation de la tournée et de la promotion du premier groupe de rock qu’ils accompagnent. « Nous avons eu un vrai coup de cœur pour eux, cela a été l’occasion de se lancer », se souviennent les associés. Microcultures ne propose pas aux contributeurs de s’enrichir mais leur offre des retours qui « font plaisir ». Ainsi, quelle que soit la somme investie, le client amateur de musique récolte un panier en retour : album, tee-shirt, chansons inédites, places de concert ou encore accès à un show privé. « Nos contributeurs sont ravis de bénéficier d’une expérience améliorée et privilégiée, c’est la raison pour laquelle ils sont prêts à payer », souligne Louis-Jean. Ainsi, un projet peut être mené à bien à partir de 100 ou 200 participants investisseurs. L’idée étant de calibrer le projet en fonction du montant récolté via la collecte de fonds. « Nous minimisons ainsi les risques », explique Louis-Jean.

Grâce à ce modèle économique, les associés n’ont pas eu besoin de gros apports : ils ont injecté 10 000 euros de fonds propres pour créer la société. Avec trois collectes de fonds pour la première année et une sortie d’album, ils ont réalisé un chiffre d’affaires de 20 000 euros. « Pour 2012 nous tablons sur 120 000 euros », confie Jean-Charles. Qui ajoute, serein, « il faut être patient dans le domaine de la musique. Cela prend du temps de constituer son réseau et d’être reconnu».

Le site de Microcultures

Leurs conseils
Suivre ses intuitions
Ne pas attendre pour se lancer dans l’opérationnel
Ne pas faire de business plan qu’on ne respectera pas

Leur bio
Jean-Charles Dufeu
30/01/1982 : Naissance à Vitré
2004 : Rencontre de Louis-Jean au concert de Vic Chesnutt
2007 : Diplôme de l’Essec
Mars 2011 : Dépôt des statuts de la SARL Microcultures

Louis-Jean Teitelbaum

27/05/1982 : Naissance à Maison-Laffitte
2004 : Rencontre de Jean-Charles au concert de Vic Chesnutt
2008 : Diplôme de l’ENS Lyon
Mars 2011 : Dépôt des statuts de la SARL Microcultures



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