Bulb in town : le mécénat de quartier 2.0

Bulb in town : le mécénat de quartier 2.0
Bulb in town : le mécénat de quartier 2.0
En donnant la possibilité aux riverains de financer des projets à portée de quartier, Alexandre Laing a réinventé le principe du crowdfunding. Avec Bulb in town, le coup de main peut désormais s'échanger contre un verre de vin. Portrait.
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Il y a d’abord eu le café pour enfant du XIXe qui voulait son mur végétal, puis la librairie solidaire de Roubaix qui cherchait une nouvelle camionnette, ou encore les amateurs de vin qui rêvaient d’un comptoir en zinc… Pour mener à bien leur projet, tous ont fait appel à Bulb in town, un site de financement participatif d’un nouveau genre : local. « Les sites de crowdfunding sont pour la plupart adaptés à des projets immatériels, nous ce que nous voulions, raconte Alexandre Laing, l’un des co-fondateurs, c’est que les mécènes puissent voir les résultats de leur investissement et avoir une contrepartie tangible. » Le coup de main du riverain peut donc s’échanger ici contre un menu au resto ou un petit verre de vin. « Et pour les commerçants, il y a un avantage supplémentaire : celui de se faire connaître auprès de ces clients potentiels. »

20 000 euros récoltés depuis janvier 2013

Ce modèle, Alexandre Laing l’imagine en 2011 alors qu’il est consultant en management de l’innovation dans une grande banque. « En réfléchissant au système de financement participatif, j’ai noté deux choses : d’abord, que la plupart des gens aiment savoir où va leur argent et d’autre part, que le taux d’échec des projets étant assez important, peu voyaient le résultat de leur démarche. » Il étudie alors le marché et découvre en août 2012 Smallknot, un concept de crowdfunding local qui cartonne aux États-Unis. « Le site américain existait depuis juin, personne en France n’était sur ce terrain, il fallait que je me lance ». En quelques semaines, Alexandre Laing créé Bulb in town avec son ami de promo et colocataire, Stéphane Vromman. « On a travaillé ensemble sur le projet pendant dix jours, puis on a trouvé un développeur en trois semaines. Il fallait tester le concept tout de suite, quitte à s’adapter ensuite. » Le 4 octobre 2012, les deux entrepreneurs immatriculaient leur société.

Et les résultats sont déjà là. Alors que le site web n’a été mis en ligne qu’en janvier dernier, Bubl in town a déjà financé les quatre projets sur lesquels il s’était engagé pour un total de 20 000 euros récoltés. « J’aime l’idée d’avoir un impact. C’est un projet qui fait sens pour moi. Les petits commerces se font avaler par les grandes chaînes, les banques ne prêtent plus. Il fallait une alternative ! » Pour 2013, les deux entrepreneurs n’ont d’ailleurs pas l’intention de s’arrêter là : entre le développement d’une application mobile et un déploiement dans plusieurs pays européens, Bulb in town compte bien prendre ses quartiers.

Mini bio

30 janvier 1986 : Naissance à Ivry sur seine (Val-de-Marne)
Septembre 2005 : Rencontre avec son associé, Stéphane Vromman, à l’ESCP Europe.
Juin 2009 : Diplôme de l'ESCP Europe, majeure Entrepreneuriat.
4 octobre 2012 : Création de l’entreprise Bulb in Town.
23 janvier 2013 : Lancement du site bulbintown.com.

3 conseils

Parlez de votre idée à un maximum de monde : on a peu de chances de se la faire voler, mais au contraire beaucoup de chances de l'enrichir ou de réaliser l'intérêt ou non de futurs consommateurs !
Just do it : faire un business plan, une étude de marché, c'est bien. Mais cela ne vaut jamais un retour utilisateur sur un produit même minimal : testez votre vision du produit/service auprès de vos futurs utilisateurs, de vos clients !
Accrochez-vous et croyez en vous : l'idée, c'est 1% du travail, le reste, c'est un marathon. Il y a dans le lancement d'une startup des hauts et des bas permanents. Mais que cette aventure se solde par un succès ou un échec, elle aura été riche en expérience !