Pénélope Blanckaert, experte dans les ventes aux enchères de mode

Pénélope Blanckaert, experte dans les ventes aux enchères de mode
Pénélope Blanckaert, experte dans les ventes aux enchères de mode
Dans cette photo : Yves Saint Laurent
A 34 ans, elle s’est déjà fait un nom dans le cercle très fermé de l’expertise mode des ventes aux enchères. Pénélope Blanckaert a joué la carte de l’audace quand elle a monté sa propre entreprise, PB Fashion Expert à Paris il y a 3 ans, et cela commence à payer.
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« Quand je repense à ma première vente en octobre 2008, je me dis que j’étais complètement folle, » déclare Pénélope Blanckaert. Dans l’univers très parisien et très restreint des ventes aux enchères, les experts en mode se comptent sur les doigts de la main. Mais la jeune femme d’alors 31 ans n’a pas froid aux yeux.
La mode, elle en a toujours rêvé. Son diplôme de l’IFM (Institut Français de la Mode) en poche en 2004, elle travaille deux ans chez Yves Saint Laurent, d’abord aux tissus, puis aux studios. « Les tâches étaient trop fractionnées et l’ambiance atroce, alors je suis partie, » explique Pénélope. Pendant 3 mois elle crée et vend des ceintures et des accessoires, puis se fait embaucher chez deux figures de l’expertise mode à Drouot, le centre névralgique des ventes aux enchères parisiennes. C’est là qu’elle apprend le métier d’experte en mode : « un métier que j’ai tout de suite adoré car il allie la mode, le relationnel, la recherche dans les bouquins pour trouver le nom de la pièce, sa couleur exacte, l’iconographie et enfin l’établissement d’une cote au feeling. »
Au bout d’un an et demi, Pénélope quitte ses mentors pour voler de ses propres ailes. Grâce aux revenus du chômage, elle monte sa boîte, PB Fashion Expert, une SARL dont elle seule est actionnaire. Elle profite de la Fashion week d’octobre 2008 pour organiser sa première vente à Drouot. Pour ce faire, elle appelle les copines de sa grand-mère, tous ses contacts personnels, afin de récupérer robes, accessoires, bijoux, bagages. Si la vente n’a pas eu le succès escompté, au moins lui a-t-elle permis de mettre le pied à l’étrier.
Aujourd’hui, Pénélope n’appelle plus les copines des grands-mères, car les clients viennent à elle : successions, personnes en quête de revenus supplémentaires, d’autres qui veulent simplement vider leurs placards. Les lots vont de 30 à 8000 euros, et pourraient grimper encore plus à l’avenir, Pénélope recevant des vêtements de plus en plus qualitatifs. Sa légitimité, Pénélope l’a également acquise en travaillant avec des commissaires priseurs renommés. Elle a démarré avec Rémy Le Fur, et maintenant Artcurial et Bailly Pommery & Voutier. Depuis qu’elle s’est lancée seule, Pénélope a fait une quinzaine de ventes, ce qui lui permet de se payer au SMIC. « Il faut faire de gros chiffres pour bien vivre, » avoue-t-elle. Car les commissions qu’elle récupère ne sont pas très élevées : 17% de la vente sont remis au commissaire priseur, qui lui reverse 7% pour son expertise, et 3% supplémentaires si c’est elle qui a apporté l’affaire. En 2010, PB Fashion Expert a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 30 000 euros. Mais chaque mois, Pénélope doit s’acquitter de frais de fonctionnement élevés : un loyer dans le 9ème arrondissement, une assurance, un logiciel de ventes, et 2 stagiaires. « Ce n’est pas encore la gloire financière, mais je suis fière de moi, sourit-elle, c’est très jouissif de voir des musées américains passer des ordres, ou des personnes connues dans le milieu de la mode me faire confiance. » Prochaine étape : embaucher une personne mais ce sera après une pause bébé bien méritée. Pénélope a ainsi prévu de mettre de côté ses rêves de mode pendant quelques mois… enfin, jusqu’à la prochaine vente prévue en juillet prochain.


Pénélope en quelques dates :
Juillet 1976 : naissance à Paris
2004 : diplôme de l’IFM (Institut Français de la Mode)
2006 : quitte Yves Saint Laurent
Octobre 2008 : première vente aux enchères de PB Fashion Expert

Ses 3 conseils :
-    Il faut énormément de pugnacité
-    Il faut aussi beaucoup de diplomatie, moi j’en manque un peu
-    La multiplicité des lots demande de la rigueur : impossible de faire la moindre erreur dans un catalogue.


Retrouvez tous les lundis nos portraits de créateurs dans le Parisien Economie.

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