3 questions à un psy : pourquoi choisir un "métier d'homme" ?

3 questions à un psy : pourquoi choisir un "métier d'homme" ?
3 questions à un psy : pourquoi choisir un "métier d'homme" ?
Cette semaine, Terrafemina se demande si cela change quelque chose pour une femme de faire carrière dans un métier dit « d'homme ». Jorge Marinho, psychologue du travail, nous éclaire sur les motivations de celles qui ont choisi cette voie.
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L'éclairage de Jorge Marinho, psychologue du travail à Colombes (92).


Travailler  dans un métier dit « masculin » nécessite-il des qualités/compétences particulières chez une femme ?


« N’importe qui peut faire n’importe quoi, à condition d’en être capable et d’en avoir envie ».
Cette Lapalissade est la règle d’or des recruteurs et, et dieu merci, la formule n’ajoute pas « à condition que ce soit un homme » !

On doit donc simplement s’attacher à évaluer les capacités et les motivations de quelqu’un en fonction d’un poste et d’un environnement donné.


Quelles sont les principales difficultés éprouvées par des femmes confrontées à un métier exercé par une majorité d’hommes ?


Chacun cherche à réduire les zones d’incertitude parce qu’elles génèrent de l’inquiétude, voire de l’angoisse : les habitudes permettent une meilleure maîtrise de l’environnement. Et, pour une femme, évoluer dans un milieu imprégné d’habitudes masculines, ça peut constituer un changement majeur et déstabilisant.

Pour s’intégrer, on devra fatalement passer par un processus d’acceptation dans le groupe (faute de quoi les difficultés relationnelles aboutiront à plus ou moins brève échéance à l’exclusion).
Les principales difficultés concerneront l’acceptation par ses pairs, c’est-à-dire la légitimité à exercer tel ou tel métier. Pour cela il faudra prouver que l’on est « aussi bons qu’eux », c’est-à-dire, le plus souvent « meilleure qu’eux ».


Mais une fois cette étape franchie, l’intégration est généralement réussie : la différence – gênante au départ – devient souvent un motif de fierté du groupe.

Pensez-vous que l’on puisse encore identifier certains métiers à des critères plus féminins ou masculins ?


D’abord, nous sommes  prisonniers de nos représentations mentales qui sont bien sûr issues de notre expérience de la vie (choses vécues et choses apprises) mais aussi d’origine moins objective et souvent collective…

Imaginez un chirurgien qui s’apprête à opérer son fils qui a été victime d’un grave accident de la route. Il apprend que le père de cet enfant a lui aussi été gravement blessé dans l’accident. Notre chirurgien accuse le coup.

La majorité d’entre nous penseront que l’enfant est le fruit d’un adultère… Mais non ! « Le » chirurgien, c’est la mère de l’enfant ! Et si peu d’entre nous ont d’emblée choisi cette hypothèse, c’est parce qu’on a spontanément tendance à penser qu’un chirurgien est un homme.

Ensuite, l’évolution du marché (offre/demande) du travail peut agir par deux types de mécanismes :


-    Le nombre d’offres pour les métiers dits féminins baissant, certaines femmes vont, soit par opportunité/nécessité, soit dans une stratégie de différenciation, se positionner sur des offres traditionnellement destinées aux hommes.


-    La population en recherche d’emploi allant croissant, la probabilité de trouver des femmes présentant des caractéristiques, physiques, intellectuelles, relationnelles et motivationnelles correspondant aux postes « masculins » est, également, plus élevée.

Enfin, il faut rappeler que ce qui est sans doute le plus grand atout de l’être humain : son extraordinaire capacité d’adaptation.

S’il n’existe objectivement aucune différence significative au plan des capacités intellectuelles et cognitives, il restera toujours des différences incontestables entre hommes et femmes. Au niveau de la force physique, par exemple, un homme pourra soulever plus de poids et courir plus vite qu’une femme, mais on peut constater que les tâches exigeant une puissance physique sont de plus en plus assistées par des machines.

Oui, il y a moins de femmes grutiers que d’hommes. Est-ce un métier réservé aux hommes ? Je ne le pense pas. Il y a en France davantage de psychologues femmes que d’hommes. Est-ce un métier réservé aux femmes ? Je vous laisse deviner ma réponse…

Jorge Marinho est un homme, il est psychologue du travail à Colombes (92).

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