6e Journée de l'allergie : quand les enfants dessinent leurs maux

6e Journée de l'allergie : quand les enfants dessinent leurs maux
6e Journée de l'allergie : quand les enfants dessinent leurs maux
Si le 20 mars signe le retour du printemps, c’est également aujourd’hui que se tient la 6e Journée française de l’allergie. L’occasion de s’interroger sur la perception qu'ont les enfants de cette pathologie avec le Dr. Nhân Pham Thi. Pédiatre de formation, allergologue et pneumologue, il a contribué à l’ouvrage « Un autre regard sur l’allergie » (publié par les laboratoires Stallergenes), qui regroupe des témoignages de patients allergiques de 5 à 20 ans.
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Terrafemina : Pourquoi publier un livre sur la perception des allergies par les enfants ?

Dr. Nhân Pham Thi : En tant que pédiatre de formation, allergologue et pneumologue, vouloir comprendre le ressenti et la perception de la maladie par les enfants est naturel car ces informations m’aident à expliquer les pathologies dont ils souffrent. Le dessin et l’expression écrite me semblent être de bons moyens pour y parvenir.
Il faut savoir que les maladies allergiques sont souvent sous-estimées ou mésestimées par les familles et le monde soignant, dès lors qu’elles touchent des enfants. A tort, car elles influent sur leur qualité de vie, altèrent leur respiration et ont un impact sur leur vie quotidienne, leurs rapports sociaux ou leur sommeil. On est souvent surpris quand on prend la peine d’écouter un enfant, d’où l’importance de leur donner une feuille et un crayon aussi souvent que possible.
Concernant les allergies alimentaires, une enquête a récemment montré que leurs incidences sur la vie d’une famille et celle d’une enfant étaient plus fortes que si ce dernier souffrait de diabète, qui apparaît pourtant comme une maladie bien plus handicapante.

Tf. : On note une augmentation du nombre d’allergiques. Ce phénomène touche-t-il les enfants ?

Dr. Nhân Pham Thi : En effet, il y a globalement une nette progression du nombre de maladies rhinitiques et respiratoires tandis que l’asthme semble être arrivé à un plafond d’augmentation. Les allergiques alimentaires se font également de plus en plus nombreux et, en effet, ce phénomène concerne aussi bien les adultes que les enfants.
La raison est à la fois génétique, environnementale et héréditaire. Ainsi, le fils ou la fille d’un adulte souffrant d’allergie a davantage de risque qu’un autre d’avoir un gène de sensibilisation à l’environnement et donc de développer une allergie. Par ailleurs, nous baignons tous dans une marre chimique formée par la pollution et les perturbateurs endocriniens, notamment, qui favorisent l’apparition d’allergies. Enfin, les enfants sont tributaires du comportement de leur ancêtre : le tabagisme d’une grand-mère pendant sa grossesse, par exemple, peut ainsi avoir des répercussions sur sa petite-fille.

Tf. : Les enfants et les adultes souffrent-ils des mêmes allergies ? Les symptômes sont-ils semblables ?

Dr. Nhân Pham Thi : Dans le jargon médicale, on parle de « marche allergique » pour désigner la progression d’une allergie de l’enfance à l’âge adulte car l’enfant va avoir, tout au long de sa vie une « carrière » dans l’allergie. Généralement, la première manifestation, qui touche le nourrisson, est d’abord alimentaire. Celui-ci sera particulièrement sensible au lait de vache ou aux fruits à coque. Plus tard, le jeune enfant va développer de l’eczéma, de l’asthme puis une rhinite allergique.
Mais il n’est pas rare de devenir allergique à l’âge adulte ; les allergies peuvent en effet se déclarer à n’importe quel moment. D’ailleurs, avec l’allongement de l’espérance de vie, on estime que chaque individu développera au moins une allergie au cours de son existence.

Tf. : Comment peut-on aider son enfant à mieux vivre avec son allergie ?

Dr. Nhân Pham Thi : Il est possible de désensibiliser un enfant souffrant d’allergie respiratoire dès l’âge de 5 ans. Pour les allergies alimentaires, il existe tout un protocole de désensibilisation qui consiste à injecter au patient des quantités de plus en plus importantes de l’allergène jusqu’à ce que le corps le tolère.
Les allergies alimentaires sont beaucoup plus incommodantes du fait de leur multiplicité, d’une part, mais aussi parce qu’il est impossible de surveiller 24 heures/24 et 7 jours/7 ce que mange un enfant. Les accidents sont donc vite arrivés. Dans ce cadre, une éducation thérapeutique expliquant au patient les conséquences de l’allergie sur sa santé, sur sa vie de famille et sociale, peut limiter les risques.
D’une manière générale, les parents soupçonnant une allergie de leur enfant ne doivent pas hésiter à demander un diagnostique précis car on est vite perdu face à la multiplicité des symptômes. Il est en effet important de consulter un allergologue qui suivra le protocole, relativement long, permettant d’identifier la pathologie exacte.

Le site « Dessine-moi ton allergie » : www.dessinemoitonallergie.com

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